Arme nucléaire en Europe : pas de retrait sans accord de l’Otan

n.c.

Jeudi 22 avril 2010

Les 28 pays de l’Otan sont convenus jeudi qu’aucune des 240 armes nucléaires américaines encore entreposées en Europe n’en sera retirée unilatéralement sans accord préalable de l’ensemble des alliés.

« Rien ne sera changé unilatéralement en ce qui concerne la politique ou le dispositif nucléaire de l’Otan », a déclaré James Appathurai à l’issue d’un dîner de travail des chefs de la diplomatie de l’alliance consacré à la question nucléaire.

« Toutes les décisions seront prises ensemble », a-t-il ajouté, en réponse à une question sur l’éventualité qu’un des cinq pays stockant les bombes atomiques de fabrication américaine sur son sol (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie) n’en demande le retrait.

Dans une lettre remise fin février au secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, les chefs de la diplomatie de ces cinq pays lui ont demandé de lancer un débat sur le rôle de ces engins, lors de la réunion ministérielle tenue à Tallinn.

Selon des experts, 240 bombes largables d’avion, dites « à gravitation », sont conservées dans des fortins dans des bases aériennes. Leur emploi, depuis l’époque de la Guerre froide, dépend du système de la « double clé » : celle des Etats-Unis et celle de tel ou tel pays qui les abrite.

En cas de conflit, la mission de les larguer sur un objectif ennemi serait en principe confiée à des chasseurs-bombardiers du pays hôte et non à des appareils américains.

Les ministres ont constaté que l’Otan, au fil des années, avait réduit le nombre de ses armes nucléaires ainsi que leur rôle militaire, a observé M. Appathurai.

Mais tant qu’il y aura des armes nucléaires dans le monde, a-t-il ajouté, l’Alliance atlantique « préservera un appareil de dissuasion crédible et sûr », « de même une combinaison appropriée d’armes atomiques et conventionnelles ».

Partisan déclaré du retrait de ces bombes d’Allemagne, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a déclaré à la presse à Tallinn « qu’il était temps de faire progresser le désarmement y compris nucléaire ».

La question de savoir « comment l’Otan pouvait contribuer au progrès en matière de désarmement » a bien été soulevée, a indiqué M. Appathurai, mais « aucune proposition spécifique n’(a) été mise sur la table ».

(afp)