Assurances - Quand on n'est pas content de son courtier, on peut en changer L'expérience révèle le bon courtier

JULY,BENOIT

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Samedi 12 juin 2004

Assurances - Quand on n'est pas content de son courtier, on peut en changer

L'expérience révèle le bon courtier

* On choisit en général un courtier pour son indépendance. Celle-ci n'est cependant pas garantie. Il est possible de « résilier » son conseiller.

BENOÎT JULY

Beaucoup d'assurés qui choisissent de se couvrir en faisant appel à un courtier privilégient cette formule dans le but de bénéficier de conseils personnalisés. Souscrire à une police par ce biais coûte souvent plus cher que par le canal d'un assureur direct (par téléphone ou par internet), à condition que ce dernier propose un produit comparable. Mais c'est pour certains le meilleur moyen d'obtenir le produit le mieux adapté à leurs besoins.

En théorie, en effet, le courtier, dont la profession est encadrée par une loi de 1995, agit en toute indépendance. Il est dès lors en mesure de comparer, pour son client, les offres de plusieurs compagnies et de lui proposer celle qui correspond le mieux à sa demande : le meilleur rapport qualité-prix, par exemple, ou encore la police la moins chère, voire celle qui assure la couverture la plus large.

A l'expérience, il peut apparaître toutefois que le courtier, même indépendant, a la fâcheuse tendance de proposer systématiquement les produits des mêmes compagnies, voire d'une seule. Ce qui se justifie parfois par le fait que, apportant à celle-ci un portefeuille important, il est en mesure d'y obtenir des réductions de primes plus élevées qu'ailleurs. Mais il n'est pas rare non plus que ce défaut d'impartialité trouve son fondement dans les commissions les plus importantes que lui offre la compagnie privilégiée.

Le problème de l'indépendance et de l'impartialité du courtage n'est pas neuf. Il continue régulièrement d'alimenter les débats, ainsi qu'en atteste une directive européenne de janvier 2003, qui devrait être intégrée dans le droit belge l'an prochain. Celle-ci prévoit, notamment, l'obligation pour le courtier de produire au client une analyse impartiale et de consigner par écrit les exigences exprimées par le client et les raisons qui ont motivé les conseils qu'il lui a prodigués.

Mais la qualité d'un courtier ne se limite pas à la manière dont il conseille son client ou lui vend une police. Elle s'évalue également, à la suite d'un sinistre, par la manière dont il suit le dossier de la victime et appuie sa demande d'indemnisation. Lorsque le sinistre est important, comme dans le cas d'un incendie de l'habitation principale, par exemple, le fait que le courtier se tienne aux côtés de son client lors de l'expertise des dégâts peut lui être d'un précieux secours, et lui faire potentiellement récupérer un montant appréciable d'euros supplémentaires...

Bref, avant de faire appel à un courtier, mieux vaut prendre le temps de discuter avec lui, de tester sa connaissance des produits ainsi que sa disponibilité. Et si, après coup, il apparaît qu'il n'était pas aussi compétent qu'il en avait l'air ? Le client conserve la liberté d'en changer. Il lui suffit, pour ce faire, de s'adresser à un autre courtier qui effectuera les démarches nécessaires pour reprendre les polices en cours : il demandera au client de signer un « mandat de placement » par lequel la gestion des contrats existants lui sera transférée.

On le voit : le fait de changer de courtier n'impose en rien l'obligation de changer d'assureur(s), puisque les contrats demeurent en dépit du changement de gestionnaire. Mais il est probable que, après analyse du portefeuille, le nouveau conseiller proposera de résilier l'une ou l'autre police existante pour en conclure une nouvelle auprès d'une autre compagnie.

En principe, à condition bien entendu que le client marque son accord, c'est le courtier qui gérera cette procédure. Faut-il pour autant s'en désintéresser ? Certainement pas. Ne serait-ce que pour vérifier que les procédures de résiliation des contrats soient bien respectées et que l'on ne se retrouve pas, le cas échant, avec deux couvertures pour un seul risque.

Dans la plupart des cas, les contrats en assurances dommages (auto, incendie, RC familiale, etc.) se renouvellent tacitement à l'échéance annuelle. Pour résilier la police, il convient dès lors d'en informer l'assureur suffisamment tôt, généralement trois mois avant la date d'échéance, par lettre recommandée. Il est également possible de résilier un contrat d'assurance avant l'échéance annuelle dans certaines circonstances : après un sinistre (parfois, c'est l'assureur qui prend cette initiative...), ou après la disparition du bien faisant l'objet de la couverture (en cas de vente de la maison assurée, par exemple).

Dans chaque cas, il conviendra de conserver une trace écrite des échanges avec le courtier. Afin de pouvoir tenter d'opposer à l'assureur, le cas échéant, les éléments permettant de justifier que l'erreur dans la gestion du dossier provient du courtier... et non de l'assuré.·