Attaqué dans un livre, Vande Lanotte se défend

n.c.

Mardi 22 mai 2012

Dans « L’Empereur d’Ostende », deux journalistes de la VRT pointent du doigt les conflits d’intérêt potentiels entre mandats politiques et privés de Johan Vande Lanotte. Une enquête baclée répond le vice-Premier. Vande Lanotte se défend dans Le Soir

Le livre « De Keizer van Oostende » (L’Empereur d’Ostende) écrit par les journalistes de la VRT Luc Pauwels et Wim Van den Eynde sur le vice-premier ministre Johan Vande Lanotte a fait beaucoup de bruit ce lundi. La VRT s’est distanciée de l’ouvrage et a temporairement privé les auteurs de missions de reportage. Selon M. Vande Lanotte, de nombreuses déclarations sont « manifestement incorrectes » et le livre se lit « comme un blog de Jean-Marie Dedecker ».

L’ouvrage débute par le constat que l’arrêté ministériel du 18 janvier sur le permis de construction et d’exploitation d’un parc éolien offshore accordé à la société Norther n’a pas été signé par le ministre de la Mer du Nord, Johan Vande Lanotte, mais par procuration par le secrétaire d’Etat à l’Energie, Melchior Wathelet.

Le ministre était encore administrateur à ce moment de la société Otary RS. Electrawinds, dont M. Vande Lanotte était président entre 2006 et 2010, est actionnaire à la fois du consortium Norther et du consortium Otary RS. « Selon certains, il est question ici de conflit d’intérêt pur et simple. Si pas à la lettre, au moins dans l’esprit (de la loi). » Les auteurs mettent en lumière une série de dossiers ostendais et le rôle qu’aurait joué Johan Vande Lanotte dans ceux-ci : BC Oostende, le casino, la minque, Electrawinds. « Il semble que la limite entre l’entrepreneuriat public et privé est devenue de plus en plus floue chez lui, jusqu’à devenir à certains moments totalement inexistante », écrivent-ils.

Vande Lanotte réplique

Johan Vande Lanotte reproche aux auteurs « de laisser des gens faire des déclarations sur moi sans que je puisse réagir. De nombreuses déclarations sont manifestement fausses. D’autres sont de pures insinuations ». Et le ministre de l’Economie d’en appeler à Voltaire : « Mentez, mentez, il en reste toujours quelque chose ». La lecture nocturne a permis au mandataire de relever quelque soixante allégations « fausses ou suggestives ».

Johan Vande Lanotte juge le travail des deux journalistes indigne. « On utilise des faits mais on les détourne. On utilise mes propos mais on omet la nuance qu’ils contenaient. Les auteurs auraient parfaitement pu éviter cela : en vérifiant leurs informations en me confrontant à ces allégations. Il ne serait rien resté de leurs conclusions », dénonce le vice-Premier ministre.

« De keizer van Oostende » (Editions Van Halewyck) est disponible en librairie à partir de ce mardi et coûte 22 euros.

(Joan Condijts, avec Belga)