Au conseil communal de Colfontaine, « On n’demande qu’à en rire »

DELEPIERRE,FREDERIC

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Jeudi 2 février 2012

Un peu partout dans les travées, le public sourit. Très fréquemment, les mains se posent sur la bouche afin de refréner un éclat de rire qui menace de jaillir. Parfois, c’est impossible. Le cri de joie sort. Un peu plus loin, deux femmes n’arrivent plus à se contenir. Elles, c’est carrément d’un fou rire qu’elles sont prises. Les larmes de bonheur coulent littéralement le long de leurs joues rougies par le plaisir. A leur côté, un sexagénaire aux tempes blanchies semble bouder son plaisir. Aux soupirs succèdent les râles. Fréquemment, sa main droite frappe sa cuisse. Soudain il se lâche : « Franchement, est-ce qu’on peut encore appeler ça de la politique ? »

Ah oui, au fait, le public n’est pas celui qui assiste à une pièce de théâtre de boulevard ou à l’émission de Laurent Ruquier « On n’demande qu’à en rire ! ». Ce sont des citoyens de Colfontaine venus, ce mardi, écouter leurs élus débattre de l’avenir de la cité lors du conseil communal mensuel.

Nul ne l’ignore, les élections communales approchent. Aux quatre coins du pays, les candidats fourbissent leurs armes. Mais dans la petite commune hainuyère, ça tire parfois déjà au bazooka. Entre deux hommes : le bourgmestre actuel Luciano D’Antonio (PS) et son prédécesseur Patrick Piérart (RSC), aujourd’hui dans l’opposition. En face, la plupart des membres de l’opposition comptent les points ou tentent parfois de calmer le jeu. Quand ils ne remettent pas une pièce dans le juke-box…

Côté fond, il a été question d’un lotissement dont la construction est à l’arrêt depuis plusieurs années. Un dossier – parmi d’autres – qui a valu à Patrick Piérart d’être inquiété par la justice et de devoir quitter prématurément son maïorat. Malgré les manquements de l’entreprise de construction, la convention qui l’unit à Colfontaine a été renouvelée. Colère de l’opposition. Provoc’ de Piérart. Répliques et justifications d’un bourgmestre au bord de l’apoplexie : « Nous avons des garanties ! »

Ultime baroud de Piérart, candidat aux prochaines élections : « Le collège a-t-il pensé à refuser l’indexation de son salaire, comme on l’a fait à Jurbise ? » Le bourgmestre s’étouffe. « En 2004, quand vous étiez maïeur et que la Ville était au bord du gouffre, je vous ai proposé d’abandonner nos salaires de juillet et août et vous avez refusé en me taxant de populisme ! » Rideau.

Vivement le prochain…