AU RAYON LASER The Nectarine n o9, «Receveid...»

COLJON,THIERRY

Page 35

Mercredi 11 juillet 2001

AU RAYON LASER The Nectarine n o9, «Receveid...»

Il y a chez Davy Henderson, qui a formé en 1993, ce Nectarine no 9 sur les cendres de Fire Engines, ce petit côté à la fois tribal et primitif qu'il aime mêler à des tendances pop plutôt délicieuses. On retrouve tout ça sur ce quatrième album, «Received, transgressed & transmitted» (mais premier pour Beggars Banquet) qui puise aussi bien dans le patrimoine des Stones que des Smashing Pumpkins («Susan identifier» en est le plus bel exemple). Nectarine n o9 parvient malgré tout à installer sa personnalité (comme Travis l'a fait vis-à-vis de Radiohead) avec des pop songs craquantes à souhait. Un tel bonheur ne peut se refuser... (T.C.)

Beggars Banquet-V2.

Bill Wyman's Rhythm Kings, «Double bill»

La pochette, avec cette photo d'une vieille camionnette complètement déglinguée, illustre bien la musique de l'ancien bassiste des Stones. Avec de vieux potes à lui (Gary Brooker, Albert Lee, Georgie Fame...), Bill reprend des standards du blues ou s'en approche dans de nouvelles compos bien pépères. Le rythme y est et l'ensemble ne peut que plaire aux amateurs de festivals de blues. Mais fallait-il en faire un double album? Là est une autre question. Ah, nostalgie quand tu nous prends... (T.C.)

Ripple-RAM.

Olu Dara,

«Neighborhoods»

Son précédent «From Natchez to New York» a révélé le blues métissé de celui qui, après avoir passé son enfance en bord de Mississippi, a beaucoup voyagé avant d'atterrir à New York. On retrouve cette science de mêler au blues plus léger que tragique des influences jazz, afro, soul et RNB. Son phrasé autant que son jeu de guitares sont un vrai régal pour cet héritier de Bill Withers: l'homme swingue et frôle la technique rap tout en racontant de ces histoires fort drôles. L'aisance force à ce point l'admiration qu'on a eu raison de voir en lui un grand de demain... (T.C.)

Atlantic-Warner.

Nicholas Payton,

«Dear Louis»

A l'occasion du centenaire de la naissance de Satchmo, il n'est pas étonnant que le jeune Nicholas Payton de la Nouvelle-Orléans, qui avait déjà livré un «Gumbo nouveau» très louisianais, rende cette fois hommage au grand trompettiste et chanteur. Il a réuni, pour ce faire, un grand orchestre de douze musiciens complété par les chanteurs Dr.John et Dianne Reeves. Le jeune trompettiste s'attache heureusement plus à l'esprit qu'à la technique de jeu d'Armstrong. Payton reste lui-même avec un bien bel hommage aux titres popularisés par Louis dont les fameux «Hello Dolly», «On the sunny side of the street» ou «Mack the knife»... (T.C.)

Verve-Universal.

Lisa Ekhdal,

«Sings Salvadore Poe»

«De l'icône pop à la diva jazz», ainsi sa firme de disque vend-elle le nouvel album de la chanteuse suédoise pour laquelle son mari, Salvadore Poe, a écrit et composé tout un album très «lounge». Entre jazz et bossas, notre homme frôle toujours le plagiat avec des chansons qu'on croit avoir déjà entendues mais qu'il signe néanmoins. La petite Lisa s'en sort très bien avec des interprétations très sexy, à la fois fraîches et chaudes. (T.C.)

RCA Victor-BMG.

Hawksley Workman, «For him and the girls»

Le premier album de ce jeune Canadien de 25 ans est impressionnant et prometteur à plus d'un titre. D'abord il a tout écrit, composé, joué et produit seul. Sa voix ensuite: entre Buckley, Bowie et Hannon de Divine Comedy, Workman excelle à briller tant dans les aigus que dans les chuchotements pour mettre en évidence des mélodies qui n'ont pas peur d'être romantiques à souhait. La maîtrise des arrangements utilisant savamment cuivres et guitares est telle qu'on a peine à croire que ce jeune homme ne deviendra pas un grand nom du rock dans pas longtemps... (T. C.)

Isadora-Bang!