Audience et Pétition La Soupape. Audience et Pétition, deux pièces de l'ancien président de la République
WYNANTS,JEAN-MARIE; DE DECKER,JACQUES; ANCION,LAURENT; MERTENS,WENDY; MAKEREEL,CATHERINE
Page 50
Mercredi 8 novembre 2006
La Soupape.
Audience et Pétition, deux pièces de l'ancien président de la République tchèque, Vaclav Havel, nous livrent un double face-à-face entre la morale pure et intransigeante et la real politik, pour démontrer que le dissident agit souvent pour le bien commun, mais contre tout le monde. Un personnage, Vanek (Didier De Crane), intellectuel et double de l'auteur, affronte un chef d'usine, allié de la police politique, et un scénariste vendu au pouvoir, tous deux incarnés par l'excellent Laurent Verrellen.
Maison Folie, Mons.
Forte du scandale suscité en Angleterre, la pièce de Gurpreet Kaur Bhatti débarque dans une mise en scène de Virginie Jortay. Histoire de déshonneur d'une jeune femme et de sa mère, sur fond de corruption, viols, drogue et meurtre dans la communauté sikh, cette pièce peu subtile tire son épingle du jeu grâce à quelques comédiens savoureux, dont Benoît Van Dorslaer en directeur de temple redoutable et vicieux.
Centre interculturel Agora, Liège.
Robert Walser imagine l'histoire de Blanche-Neige, mais sans amour, comme si le prince qui redonne vie à la belle avait raté son baiser. Et sans amour, le conte ne peut plus finir... Une création d'Ad Hominem, mise en scène par Nicolas Luçon. Dans le cadre d'Emulation.
Palace, Ath ; centre culturel de Libramont.
Virginie Hocq, jeune femme de poigne, confirme sa souplesse de jeu à travers une galerie de portraits bien observés. De l'humour solo marqué par quelques faiblesses d'écriture, mais livré par une humoriste au sang chaud. Ce n'est qu'un début...
Espace Vange, Liège.
Adaptation raccourcie, décalée et burlesque de Corneille, emmenée par quatre excellents comédiens. Si la pièce, réduite à l'essence du texte, surprend d'abord, notamment dans l'interprétation, surjouée, maniérée, parfois absurde des comédiens, elle trouve le bon équilibre entre tragédie et comédie.
Espace de l'hôtel de ville, Herve.
Dans un petit appartement romain, un vieil acteur raté rencontre pour la toute première fois son petit-fils. Cinquante ans plus tôt, il a abandonné toute sa famille sans prévenir pour monter à Paris. De cette histoire familiale bien réelle, le prolifique Thierry Debroux tire une pièce drôle, émouvante et posant habilement la question de ce besoin de gloire qui anime tant de nos contemporains.
Institut Sainte-Anne, Florenville.
Véronique Castanyer est une Fregoli au coeur innombrable, une imparable détectrice des courts-circuits dans les réseaux familiaux, un véritable compteur Geiger de toutes nos tragi-comédies domestiques. Son univers ? Une petite famille, qu'elle nous croque avec une prouesse débordante de sensibilité et de lucidité tendre. Un vrai coup de maître, qui unit deux de ses solos, « Je suis désolée » et « C'est monstrueux ».
Théâtre Jean Vilar, Louvain-la-Neuve.
Un duo plein de tendresse, d'humanité et d'humour, dédié aux femmes dans l'univers impitoyable de la prison. Cette pièce de Denise Chalem a remporté, en 2005, le Molière du meilleur spectacle ainsi que le Molière de la meilleure comédienne pour Christine Murillo. Récompenses bien méritées pour ce portrait sans fard de deux femmes, l'une bourrue et issue d'un milieu populaire, l'autre bourgeoise et précieuse, qui vont doucement tisser une amitié improbable.
Théâtre National.
Le jeune comédien Mohamed Ouachen reprend le monologue de l'humoriste algérien Fellag. Depuis son observatoire bâti sur le rire, l'auteur peut tout se permettre. Il croque ses compatriotes avec une tendre cruauté et brocarde le genre humain dans son plus célèbre défaut : sa paresse à penser, changer et réagir. Mohamed Ouachen est dirigé par David Strosberg.
De Warande, Turnhout.
Le chorégraphe Thierry Smits réinvente son Orient, avec huit danseurs et une scénographie où le blanc est maître. Rien de kitsch, ni d'exotique, mais la traduction d'une atmosphère, de sensations, d'émotions, à travers une danse influencée par l'Orient mais définitivement contemporaine.
La Comète, Liège.
Le jour du mariage est arrivé. Le couple est à la fête, les invités aussi. Mais bientôt, l'assemblée virtuelle semble de plus en plus à l'étroit dans les téléviseurs... Une création par la compagnie Résidence Catherine, dans le cadre d'Emulation.
Théâtre National.
Le Norvégien Jon Fosse met en présence un homme et une femme que tout sépare et qui pourtant, attirés par l'autre, vont dépasser leurs différences pour finalement renaître. Par les Lyonnais des Ateliers.
Théâtre communal de Ciney ; centre culturel de Rochefort ; maison de la culture de Tournai.
Y a pas à dire, un classique de temps en temps, ça fait du bien par où ça passe ! Intrigues et quiproquos légers, drôles ou galants, revoici le séduisant Marivaux, dopé à l'énergie d'une mise en scène inventive, signée Dominique Serron. Une fausse répétition du spectacle, d'abord fragile, revigore ensuite le regard sur cet incontournable du répertoire.
Kaaitheater.
A partir de cette pièce muette de Peter Handke, Ruud Gielens crée un spectacle étonnant aux allures de théâtre forain déjanté.
L'Arrière-Scène.
Plaisanterie existentialiste, pince-sans-rire et noire, cette pièce restitue la moelle de l'absurdité ontologique propre à Harold Pinter : deux tueurs à gage, coincés dans un sous-sol et reliés au monde extérieur par un monte-plats, attendent les ordres. Superposant une couche beckettienne avec un monologue d'En attendant Godot, Yves Claessens enfonce encore la pièce dans l'abstraction, sans en occulter l'humour.
L'Eden, Charleroi
Mis en scène par la jeune Sylvie Landuyt, ce monologue de Michel Azama déverrouille quelques préjugés sur l'incarcération des femmes avec force et émotion, grâce notamment à l'incandescente Jo Deseure, éblouissante dans le rôle de cette détenue, prise entre deux mondes à la veille de sa sortie de prison, évoquant toutes les brutalités de cette vie derrière les barreaux. Le coeur pris en otage, le public ne peut s'évader !
Théâtre de la Toison d'Or.
Trente ans après la révolution sexuelle, le mot « vagin » reste tabou. Il a pourtant mille et une choses à raconter, comme le prouvent les témoignages troublants, hilarants, émouvants et dérangeants que l'Américaine Eve Ensler a récoltés. Ces paroles vivantes sont devenues texte de théâtre, défendu bec et ongles, en alternance, par Laurence Bibot, Nicole Shirer et Delphine Ysaye.
Centre Federico Garcia Lorca ; centre d'accueil pour demandeurs d'asile de Bovigny ; Ecole normale de Braine-le-Comte.
Ivan Fox ressort son théâtre d'objets, une guitare, un sombrero et plein de bonne humeur, pour nous conter cette fable dédiée aux Indiens du Chiapas. Par le biais d'un village, Taniperla, perdu dans la jungle, il évoque les communautés zapatistes, la lutte des indigènes pour réclamer terre, justice et dignité, le commerce équitable, etc. Brouillon, naïf, mais gentillet.
Théâtre royal de Namur.
Encore un succès signé Eric-Emmanuel Schmitt. Grâce à son écriture habile, alliée à d'excellents acteurs, dont Alexandre Von Sivers et Benoît Verhaert, et à une mise en scène enlevée, la joute métaphysique entre Freud et Dieu dans la Vienne nazie de 1938 fait des étincelles.
Théâtre Le Public.
Frédéric Dussenne prête ses traits à Jean-Luc Lagarce, bouleversant auteur français mort du sida en 1995. Lire aussi en page 49.
Centre culturel d'Ottignies.
Avec José Besprosvany, ce qui commence comme un spectacle de danse, admirablement interprété au rythme de la neuvième de Beethoven, se transforme d'un seul coup en une dénonciation glaçante de l'égoïsme de notre société. Un spectacle fort et secouant.
Centre culturel et artistique d'Uccle.
Anny Duperey reprend le rôle de Mamie Rose, pleine de tendresse face à Oscar, un petit garçon leucémique. Un texte émouvant d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Grand manège, Namur.
Dans cette suite de dix tableaux mettant à mal les dix commandements, Ivan Viripaev décortique la Russie d'aujourd'hui. Au rythme des sonorités électroniques, la compagnie Fraction livre une partition mouvementée à haut débit, proche du slam, sous la conduite énergique de Galin Stoev. Un bon ballon d'oxygène, qui ne manque pas d'air.
Uhoda, Liège.
Surprenante et envoûtante collision des arts pour cette adaptation de
l'oeuvre de Heinrich von Kleist, inspirée de Penthésilée, amazone guerrière aux appétits amoureux bien carnassiers. Françoise Berlanger signe une mise en scène sombre et lumineuse, alliant le travail plastique de Marcel Berlanger et celui électroacoustique de Cédric Dambrain et Patrick Delges. Ensorcelant !
Atelier Théâtre de la Vie.
Riche idée de plonger dans la pensée, les chansons et les mots de Bertolt Brecht sous forme de cabaret. Pour sa troisième et ultime étape, ce « work in progress » lancé en 2004 se consacre au rêve, mais le résultat s'avère assez nébuleux. Reste la musique, les fulgurances et la personnalité fureteuse des interprètes.
Coeur Saint-Lambert, Liège.
Ce texte de Carmelo Bene revisite le personnage de Richard, duc de Gloucester, champion vénéneux de l'hypocrisie et du pouvoir de séduction. Le voici dans un salon, où il trône et manipule les personnages féminins de la famille. Moins de sang, encore plus de furie ! Dans le cadre du Festival Emulation.
Théâtre des Martyrs.
Olivier Coyette décrit la vie de Sad, clandestin irakien et vendeur de roses à Vienne. Lire aussi en page 49.
Théâtre de Poche.
Arrêté comme résistant en 1944, Primo Levi est déporté à Auschwitz, où il restera jusqu'en 1945. Il signe une chronique de son séjour là-bas, pour « fournir des documents à une étude dépassionnée de certains aspects de l'âme humaine ».
Théâtre Varia.
Seize ans après sa création, la pièce maîtresse de Michèle-Anne De Mey est de retour, avec une nouvelle équipe de danseurs mais une énergie intacte. Emportée par la fougue de Beethoven et de Mozart, la chorégraphie allie plaisir, vivacité, humour et tendresse. Une histoire de couples qui se font et se défont au gré d'un spectacle incroyablement ludique et tonique.
Chapelle des Brigittines.
Une soirée composée de deux spectacles de la compagnie Mossoux-Bonté. Dans Nunakt, Nicole Mossoux s'associe à Karine Ponties pour une allégorie sur le semblant chorégraphique. Dans Noli me tangere (Ne me touche pas), Nicole Mossoux et Patrick Bonté abordent le sujet des attractions fatales, de ce qui doit rester hors d'atteinte pour susciter le désir.
La Monnaie.
Trois pièces clés d'Anne Teresa De Keersmaeker, choisies pour la relation intense qui l'unit à la musique. Le Quatuor n
Magdalenazaal, Bruges.
Avec neuf danseurs sur un plateau dépouillé au maximum, Wim Vandekeybus revisite vingt ans de sa compagnie Ultima Vez, à travers ce Spiegel (miroir) qu'il se tend à lui-même. Loin d'être narcissique, l'exercice s'avère concluant, démontrant toute la cohérence du parcours du chorégraphe. On oublie vite l'aspect collage de l'ensemble, pour ne plus voir qu'un spectacle parfaitement maîtrisé dont toutes les pièces, pleines d'énergie et d'inventivité, semblent avoir été conçues pour vibrer à l'unisson.
Hangar Saint-Luc, Liège.
La Cinétroupe livre un spectacle qui vaudrait presque un manifeste. Basé sur le témoignage - ou la simple présence - de demandeurs d'asile, ce moment de rencontre vaut bien des discours. Comment enrayer le processus qui nous isole les uns des autres ? En allant voir ce projet ciné-théâtral de Bénédicte Liénard, et en entamant une réflexion active. Dans le cadre du Festival Emulation.
Salle des fêtes de Droixhe, Liège.
Ubu est un monstre à la manière des personnages hors mesure de Shakespeare, mais montré sous un angle burlesque par Alfred Jarry. Capitaine au passé mémorable, il est l'époux d'une femelle ambitieuse qui le pousse à tuer le roi de Pologne et à prendre le pouvoir... Une farce, un pied de nez, une blague aux allures d'épopée. Une pièce unique proposée par la compagnie L'Intervention, dans le cadre du Festival Emulation.
Moulin de Saint-Denis, Théâtre, Mons.
Psychologue de formation, auteur prolixe et figure respectée, Pie Tshibanda a dû, un jour, fuir le Congo-Zaïre. Il connaissait un peu la Belgique, grâce à des échanges littéraires, et est venu frapper à sa porte. On lui a ouvert sans le regarder. Puis, les yeux ont dit le mépris. L'auteur a compris qu'il fallait tisser les liens : il a rendu visite à ses voisins... qui n'ont pas compris. Aujourd'hui, un « fou noir » nous narre son périple et, par l'art du conte réaliste, ouvre des brèches dans les certitudes du « pays des Blancs ». Un formidable plaidoyer pour l'écoute, le respect et l'amour, à voir absolument.
Théâtre du Méridien.
Le récit d'une femme avide de liberté dont la vie a basculé un jour, dans un quartier d'un pays en guerre éternelle. Un texte de Giuseppe Lonobile sur le difficile combat des femmes qui veulent être seules juges de leur propre existence.
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