Cent aérodromes en 24 heures

COLINET,MATHIEU

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Mercredi 15 juin 2011

Aviation La Coupe Breitling, promouvoir le patrimoine aéroportuaire français

Ce qui frappe d’entrée de jeu dans ce local de l’ancien terminal de l’aéroport de Charleroi, c’est cette carte de France étalée le long d’un mur. Au départ, on ne sait guère ce qui pouvait la tenir en place, parfaitement déployée. Désormais c’est clair : une centaine de punaises précisément ajustées jouent les puissants applicateurs.

La partie métallique de chacune de celles-ci identifie sur la carte un aérodrome. La France est un pays d’aviation. Elle offre un maillage aéroportuaire incomparable, à faire pâlir de jalousie toute autre contrée. Quelque 400 aérodromes de tous types existeraient. Et parmi ceux-ci, les membres de l’équipage Venyo, qui occupent le fameux local, en ont choisi une centaine qu’ils doivent rallier par les airs en 24 heures, entre aujourd’hui et demain midi.

Ce défi n’existerait pas sans une compétition, la Coupe Breitling, et ses organisateurs. Désireux de promouvoir le patrimoine aéroportuaire français, ils ont imaginé en 2009 ce genre de périples aériens à étapes, dont la réputation a un jour franchi le seuil de l’entreprise carolo Venyo, spécialisée dans la simulation de vol.

« C’était il y a huit mois d’ici, affirme Fabrice Cornet, membre de l’équipe et CEO de Venyo. Nous n’étions pas sûrs que notre candidature soit acceptée. Pourtant, nous y avons cru. Nous avons planché sur une équipe et avons entamé le long travail de préparation. Ce dernier a notamment contraint chaque pilote à étudier les caractéristiques des segments de vol qui lui sont réservés. »

L’équipage Venyo est jeune. Il est composé de huit pilotes, dont cinq ont moins de trente ans. Une partie des membres est carolo, l’autre est bruxelloise. Tous ont en commun d’avoir accumulé les heures de vol, certains tout bonnement en tant que pilotes professionnels « C’était forcément une des conditions pour pouvoir participer, explique Gabriel Cordova, un des membres. L’organisation ne veut pas jouer avec la sécurité. »

D’ici à demain, si tout se passe bien, l’avion Cessna loué par l’équipage devrait avoir parcouru quelque 3.600 kilomètres dans le ciel français au départ de l’aéroport de Toulouse-Francazal. L’itinéraire a été étudié à la lumière d’une stratégie bien huilée qui doit permettre de couvrir le plus d’aérodromes en parcourant un minimum de kilomètres. Les conditions climatiques restent une inconnue. Elles pourraient bouleverser l’itinéraire. Elles rajoutent à l’aventure du piment quand celle-ci n’en manquait déjà pas.

« Je ne dirais pas que l’épreuve est dangereuse, explique Gaetano Sucato, un autre membre de l’équipe. L’atterrissage et le décollage sont des manœuvres maîtrisées par les pilotes. Certes, certains problèmes peuvent apparaître. Mais nous ferons tout pour qu’ils ne se présentent pas en évitant les risques notamment. »

Dans les airs, l’équipage carolo devrait toutefois faire le plein de sensations. Les multiples étapes en sont une source. Tout comme la proximité entre certains aérodromes, la succession des paysages ou encore le survol de versants montagneux.

L’équipage carolo a programmé de s’envoler aujourd’hui à 12h15 de Toulouse. Il est attendu moins de 24 heures plus tard à Villacoublay, près de Paris.

« Avant de penser à faire un résultat, nous souhaitons boucler l’épreuve, affirme Fabrice Cornet. Voilà notre objectif pour cette première participation. »

reperes

La Coupe Breitling

en est à sa troisième édition. En 2009, une seule équipe y a participé. L’année dernière, 10 avions étaient inscrits au départ de l’épreuve.

Seuls les avions

monomoteurs ou mono-turbopropulseurs sont autorisés. Les pilotes ne peuvent rester aux commandes plus de 4 heures sans passer le relais.

Le règlement

impose aux participants de quadriller le territoire français et de rallier des aéroports situés aux quatre points cardinaux.