Avions - Pas de nouvelle enquête publique sur la demande de permis de Biac Combien de vols de nuit à Bruxelles-National ? L'exécutif bruxellois part en vrille Des sonomètres dans l'Oostrand

BOURTON,WILLIAM

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Samedi 29 mai 2004

Avions - Pas de nouvelle enquête publique sur la demande de permis de Biac

Combien de vols de nuit à Bruxelles-National ?

WILLIAM BOURTON

Au début de l'année, Biac a sollicité une prolongation de 25 ans de son permis d'environnement pour l'exploitation de Bruxelles-National. Dans le contexte passionnel des nuisances sonores, l'enquête publique a massivement mobilisé les habitants du Brabant flamand. Mais de l'autre côté de la frontière (à quelques encablures des pistes !), la Région bruxelloise a estimé que cette procédure de demande de permis n'avait pas été appliquée correctement - le ministre bruxellois de l'Environnement, Didier Gosuin (MR), accusant au passage Biac de duperie.

Vendredi, le tribunal de première instance de Louvain a pourtant déclaré non fondée la demande bruxelloise de nouvelle enquête publique.

La Cour a souligné que la Région et ses habitants avaient eu la possibilité d'exprimer leur opposition aux desseins de Biac.

La province de Brabant flamand (où les réclamations sont collectées) avait en effet envoyé le dossier de demande de permis d'environnement au ministre Gosuin. Bruxelles avait par ailleurs obtenu une prolongation de délai afin de pouvoir organiser (elle-même) une enquête publique. Cette enquête n'a pas eu lieu.

A l'instar des 322 Bruxellois qui ont pris la plume à titre individuel, la Région bruxelloise a par ailleurs déposé réclamation à la province de Brabant, dans le cadre de l'enquête publique nordiste. La Députation ne rendra sa décision sur la demande de permis d'environnement de Biac qu'après avoir traité l'ensemble du courrier reçu (soit 4.923 missives), pris connaissance de l'avis de la Commission provinciale de l'environnement et examiné les résultats de deux études qu'elle a commandées, sur les incidences environnementales (qualité de la vie) et sur l'impact économique des desiderata de Biac.

Sa décision est attendue pour le 8 juillet au plus tard.

L'aspect le plus polémique de cette demande de permis d'environnement concerne les vols de nuit. Biac demande que l'actuel plafond de 25.000 mouvements nocturnes annuels soit revu à la hausse afin de rendre possibles les plans d'extension des activités de la société de courrier DHL à Bruxelles-National (lire ci-dessous). Sans surprise, la plupart des réclamations déposées exigent le maintien du plafond actuel et le respect, au sol, des normes sonores édictées de l'Organisation mondiale de la santé.·

L'exécutif bruxellois part en vrille

Jeudi, le gouvernement bruxellois s'est divisé sur une note déposée en urgence par le ministre de l'Environnement, Didier Gosuin (MR), demandant que l'exécutif signifie son veto à l'extension des activités de DHL à Zaventem (« Le Soir » de vendredi).

Le ministre PS de l'Economie, Eric Tomas, a précisé les raisons qui l'ont amené à « reporter » la note de son collègue. Outre que cette urgence n'est dictée par aucun élément pertinent sur le dossier DHL en tant que tel, cette note est globalement tantôt lacunaire, tantôt erronée, affirme Tomas.

Et le ministre socialiste de se demander s'il fallait voir dans cette sortie la volonté du ministre de l'Environnement de masquer un énième échec de sa politique en cette matière, à savoir le rejet du recours introduit par ce dernier devant le tribunal de Louvain vis-à-vis du permis d'environnement de l'aéroport de Bruxelles-National (lire ci-dessus). Là encore, Didier Gosuin a confondu positionnement personnel et défense des intérêts bruxellois.

Suite à ces déclarations, le MR a exigé un intercabinet Gosuin-Tomas. A l'issue de la réunion, aucune erreur dans la note n'a été relevée, déclare le cabinet Gosuin.·

W.B.

Des sonomètres dans l'Oostrand

Depuis vendredi, un nouveau sonomètre est opérationnel à Wezembeek ; un autre sera en service mercredi à Crainhem. Dans un communiqué, le chef de file gouvernemental du MR, Louis Michel, estime que

pour la première fois, les conditions de base seront enfin réunies pour l'établissement d'un cadastre des bruits fondé sur des mesures objectives

. Et d'affirmer que

ce cadastre servira de base à une répartition véritablement équitable des nuisances

. (W. B.)