Banksys va passer à la caisse Consommation - Banksys a compris la panne et sait qu'elle ne se reproduira pas Shopping sauvé pour Noël

SERVATY,PHILIPPE

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Jeudi 9 décembre 2004

Banksys va passer à la caisse

* Le shopping de Noël est sauvé : Banksys a identifié la panne qui avait perturbé, samedi, les paiements électroniques. Les négociations avec les commerces débutent ce jeudi.

PHILIPPE SERVATY

Les commerçants sont convoqués, ce jeudi matin, chez Banksys, le gestionnaire du réseau de paiements électroniques en Belgique. Les représentants de la grande distribution (Fedis) et des petits commerces (UCM et Unizo) se verront expliquer les origines de la panne informatique qui a gravement perturbé le shopping de samedi dernier. Banksys devrait aussi les rassurer pour la suite des fêtes de fin d'année : les opérations de paiement se passeront bien.

Selon nos informations, le très fort ralentissement des transactions électroniques le week-end dernier est dû à un enchaînement malheureux d'incidents informatiques mineurs au sein du système central de Banksys. La densité du trafic de paiements a aggravé le problème mais ne l'a pas créé. Après plusieurs jours d'analyse, l'élément déclencheur des perturbations a été clairement identifié par Banksys qui peut ainsi s'engager à ce qu'il ne se reproduise plus à l'avenir.

Les commerçants ne se contenteront évidemment pas de ces belles paroles. Dès aujourd'hui, la question de l'indemnisation de leur manque à gagner de samedi dernier sera sur la table et sans doute déjà âprement discutée.

Le chiffre d'affaires perdu est estimé à près de 20 millions d'euros pour toute la profession (soit de 10 à 20 % du volume de ventes d'un samedi crucial pour le tiroir-caisse). La réparation financière se fondera, non pas sur ce chiffre d'affaires évaporé mais sur la marge bénéficiaire qui a été perdue et sur les coûts que la crise a occasionnés (heures supplémentaires du personnel, surgelés devenus impropres à la consommation...). Selon la taille des commerces, le type de l'indemnisation sera différent : de nature forfaitaire pour les petits, plus précise pour les gros.·

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Consommation - Banksys a compris la panne et sait qu'elle ne se reproduira pas

Shopping sauvé pour Noël

* La panne de samedi n'est plus un total mystère. Mais Banksys veut en être sûr avant d'indemniser les commerces. La société garantit un Noël sans tache.

PHILIPPE SERVATY

Officiellement, Banksys ne veut toujours pas communiquer sur la ou les causes de la grande panne de son système de paiement électronique samedi dernier. Dans les coulisses, elle reconnaît cependant avoir identifié, selon une très haute probabilité, les origines du méga couac du week-end de la Saint-Nicolas (payer par carte de crédit ou de débit s'était avéré très long ou impossible). La très faible incertitude qui persiste l'a empêché, pour des raisons d'assurance et de responsabilité juridique, de l'annoncer mercreci et de commencer les négociations d'indemnisation des commerçants. Mais la réunion, prévue ce jeudi matin, devrait la lever.

Ce qui est confirmé : la panne provient du système informatique interne de Banksys et non pas d'une quelconque défaillance du réseau télécoms ou des terminaux de paiement dans les commerces. Aucun virus informatique n'a pénétré le système. Ce qui apparaît maintenant : la panne est due à une série de petits incidents informatiques qui, chacun pris séparément, n'auraient jamais dû provoquer d'interruption du service de paiement. C'est précisément leur enchaînement malheureux qui a empêché les procédures de secours (« back up ») de fonctionner. Selon Banksys, cette conjonction est tellement improbable qu'il est pratiquement impossible qu'elle se reproduise encore à l'avenir.

Conclusion : les gens peuvent préparer en toute quiétude leur shopping de Noël.

Les commerçants peuvent eux commencer à espérer une indemnisation. Banksys avait dit pouvoir commencer à négocier avec leurs organisations professionnelles dès que toute la clarté serait faite sur les origines de la panne.

La réparation financière serait d'un type différent selon la taille des préjudiciés : forfaitaire pour les petits commerces (sauf cas particuliers), plus personnalisée pour les grandes chaînes de distribution. La perte de chiffre d'affaires totale serait comprise entre 10 et 20 millions d'euros (compte tenu de quelque 200.000 transactions mises en échec et d'un panier moyen de quelque 50 euros). Le manque à gagner ne porte évidemment pas sur ce montant mais sur la marge bénéficiaire de ce volume de ventes, soit, calculé très grossièrement, une dizaine de pour cent. Banksys a promis de réparer correctement et de ne pas faire du « juridisme » (c'est-à-dire exploiter, en justice, les éventuelles failles du contrat la liant aux commerces).

Pour les géants de la distribution, il serait possible d'approcher la perte réelle subie. Au manque à gagner commercial s'ajoutent les heures supplémentaires du personnel rappelé en catastrophe (des informaticiens et des employés chargés de remettre en rayon les marchandises abandonnées aux caisses).

Le préjudice financier peut être différent selon les enseignes. Ainsi Delhaize a pu limiter les dégâts en utilisant le système Banksys « off line » (la carte des clients était débitée au terminal où la transaction était stockée jusqu'à ce que la liaison avec le système central ait été rétablie). Ce système « off line » n'est pas encore installé dans toutes les grandes surfaces (il ne l'est pas chez Carrefour, qui représente 10 % de toutes les transactions nationales de Banksys). Banksys le propose gratuitement mais il coûte quand même au commerçant en termes d'heures de travail informatique et il nécessite une ligne téléphonique dédiée à cette liaison (ce qui est très coûteux également).·