Barrage communal sur la N912

JORIS,NOELLE

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Vendredi 4 février 2011

Mobilité La commune de La Bruyère en a ras-le-bol de l’autoroute des betteraves

On la surnomme « l’autoroute des betteraves ». Parce que chaque jour et particulièrement pendant la campagne betteravière, des dizaines de camions empruntent cette route, la N912, pour rejoindre la râperie de Longchamps (Eghezée). Le problème, c’est qu’elle transite notamment par Saint-Denis et Bovesse, deux petits villages de La Bruyère, la commune voisine. Et celle-ci commence à se lasser de cet important trafic betteravier et de l’état de dégradation de cette route. A tel point que le collège communal invite ces citoyens à venir bloquer la N912 ce vendredi dès 9 h, à Saint-Denis. « Vitesse, insécurité, bruit, vibrations, fissures… Tout est problématique sur cette voirie. La majorité en a marre, lâche Olivier Nyssen (CDH), premier échevin à La Bruyère. Depuis de nombreux mois, les mandataires communaux se sont efforcés d’obtenir des autorités régionales la réfection et la mise en sécurité de la N912 dans sa traversée de La Bruyère. Après de multiples contacts et courriers, force est de constater que les résultats ne suivent pas. Nous avons épuisé toutes les démarches. Nous n’entrevoyons plus qu’une seule manière de nous faire entendre, à savoir l’action dans la rue par le blocage de la N912. » La commune envisage même de prendre un arrêté de police limitant le tonnage sur la totalité de la nationale sur le territoire de la commune. Pour la majorité bruyéroise, la faute est à attribuer à Philippe Henry (Ecolo), ministre de l’Aménagement du territoire, qui « n’a pas jugé utile de recommander l’évitement de la N912 dans le permis d’exploiter que son administration vient de délivrer à la râperie ». Une version contestée par la locale Ecolo de La Bruyère. Pour elle, c’est la majorité qui n’a pas tout mis en œuvre pour obtenir une décision positive pour ses concitoyens. Pour Ecolo, la commune aurait dû introduire un recours au permis d’exploitation de la râperie car celui-ci ne prenait pas en compte une motion votée par le conseil communal de La Bruyère qui demandait le détournement du trafic de transit de la N912 vers la E411 puis la E42 via Daussoulx. « Le bourgmestre et le premier échevin ont perdu une belle opportunité en n’intervenant pas durant la période légale de recours de 20 jours. Quant au ministre Henry, il n’a pas eu l’occasion d’intervenir dans ce dossier puisqu’il ne statue qu’en cas de recours », indique le conseiller Ecolo Philippe Soutmans. Quoi qu’il en soit, tous semblent s’accorder à dire que la N912 ne peut continuer à servir d’autoroute pour betteraviers. NOËLLE JORIS