Bâtiments actifs et recyclables : la petite révolution qui attend la construction

MATHIEU,BENOIT

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Jeudi 25 février 2010

Il a beau regretter que l’habitat ne soit plus le berceau des grandes utopies, comme à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, Benoît Cruysmans n’a pas pour autant renoncé aux rêves. Voire aux utopies. « Je ne crois pas trop que l’habitat passif soit une solution définitive, plutôt une étape, confesse d’emblée ce jeune architecte de retour à Bruxelles, après un an passé à New York. Cette enveloppe fermée relève d’une vision un peu trop pessimiste. »

Egalement enseignant à Saint-Luc, le trentenaire estime qu’un bâtiment ne constitue pas qu’un abri pour l’homme : il doit prendre part à la vie de son environnement. « Pourquoi ne pas envisager des constructions actives, plus ambitieuses ? Au lieu de stocker l’eau de pluie, on pourrait se fixer comme objectif de rejeter l’eau plus propre que lorsqu’elle a été captée. En Californie, par exemple, un bâtiment qui filtre l’air est en cours de développement. »

Une harmonie avec l’environnement qui n’est pas sans incidence sur les matériaux utilisés. « Il faut s’inscrire dans des cycles. Naturels, comme avec le bois certifié durable. Ou industriels via le recyclage. Pour l’instant, on va en arrière, on manque de vision. Un fil électrique en cuivre entouré d’isolant, comment recycler cela ? »

Autre défi à relever : l’éphémère. « Les gens n’ont plus un seul logement dans leur vie, mais quatre, cinq, six. En même temps, les constructions actuelles sont de plus en plus “cheap”, on ne construit plus pour des durées au-delà de trente ou cinquante ans. Les matériaux ne le permettent plus. Dès lors, ne faudrait-il pas développer des immeubles en fonction de leur caractère recyclable ? Construire en intégrant dès le départ la démolition et le recyclage des matériaux ? La société nous pousse dans cette direction. Ne luttons pas, mais accompagnons le mouvement de manière enthousiaste. En rêvant un peu, on pourrait même imaginer des maisons biodégradables. »

Tant qu’à imaginer, Benoît Cruysmans rêve de tous ces espaces à conquérir. La mer, par exemple. « On est capable de construire des bâtiments flottants pour presque le même prix que sur la terre. On ne connaît pas encore les conséquences du réchauffement climatique. Il est temps de développer un habitat temporaire ou plus mobile. »