BESTIAIRE EBLOUI DES LEXIES TERATOIDES COURRIER II

n.c.

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Lundi 12 mai 1997

BESTIAIRE ÉBLOUI DES LEXIES TÉRATO"IDES

Courrier (II)

Il nous faut, vu l'abondance du courrier reçu et les remarques formulées, revenir sur quelques chroniques. Ainsi M. Valette, de Nivelles, stigmatise-t-il notre papier du 3 novembre 96. Cryptographiques ne serait pas le plus long mot comprenant les voyelles a, e, i, o, u, y une et une seule fois : stylographiques fait mieux (d'une unité). Proposition acceptée, ce mot figure toujours dans le Robert en 9 volumes. Bravo !

M. Van Ellerbach, de Bruxelles, attire notre attention sur la classification périodique des éléments et les recommandations de l'UICPA (Union internationale de chimie pure et appliquée). Selon cette dernière, les éléments 104 et supérieurs doivent porter le nom de leur numéro, dans le respect du code suivant : épeler le nombre atomique et ajouter le suffixe -ium. Voici le code d'épellation : O = nil, 1 = un, 2 = bi, 3 = tri, 4 = quad, 5 = pent, 6 = hex, 7 = sept, 8 = oct, 9 = enn. On notera que les dix mots du code ont des initiales différentes. Ainsi pourra-t-on désormais baptiser, écrire, lire et symboliser tous les éléments non encore découverts. Le 104 par exemple s'appelle unnilquadium et se note Unq, le 105 unnilpentium (Unp) et le 106 unnilhexium (Unh). Le unununium (élément 111) comportera donc 4 U, soit autant que tumultueux, cuniculiculture, usufructuaire et turlututu (chronique du 28 janvier); de même l'hypothétique élément 666 portera-t-il le nom (satanique ?) de hexhexhexium, affichant 3 X... M. Ellerbach attire également notre attention sur l'injustice du classement alphabétique (à la visite médicale de son école, les V attendaient encore leur tour, alors que les D étaient déjà chez eux). Nous consacrerons dans quelques semaines un dossier entier à cette épineuse question, munis de l'intéressante loi de Bedford.

M. Peignot, de Lyon, revenant sur les «blocs de lettres» du 21 décembre 1996, nous propose de trouver un mot qui contienne un maximum de lettres prises consécutivement dans l'alphabet. Les auteurs sont parvenus à caser 10 de ces lettres (le bloc LMNOPQRSTU) dans le mot « contreplaquâmes» : y a-t-il mieux, ou plus économique ? Il nous demande aussi, en passant, de placer dans une grille de 3 cases sur 3 les mots suivants : gare, gnou, mois, mort, muet, quai, rien, sang, très, de manière à ce que trois mots alignés (verticalement, horizontalement, diagonalement) aient toujours une lettre en commun au moins. Nous avons réussi cet exercice - difficile -, et lui proposons de faire de même en prenant, au choix, 9 nombres dans cette liste : ZERO, UN, DEUX, TROIS, QUATRE, CINQ, SIX, SEPT, HUIT, NEUF, DIX, ONZE, DOUZE, TREIZE, QUATORZE, QUINZE, SEIZE.

M. Mattiato, de Bruxelles, nous a découpé un article du «Staandard» où est évoqué le célèbre pangramme anglo-saxon the quick brown fox jumps over the lazy dog (un pangramme est un énoncé qui comporte les 26 lettres de l'alphabet). Nous consacrerons également une chronique entière à ce merveilleux domaine, déjà bien exploré par Pierre Berloquin et Jacques Jouet.

M. Perret de Saint-Vaast (près de la Louvière) nous signale que la dernière syllabe de sa localité se prononce «Va»; il ajoute ainsi la graphie «aast» à notre liste des sons en [A], parue le 27 novembre dernier; nous l'en remercions.

A propos d'anagrammes sonores, M. Souris, de Bruges, voudrait compléter les couples Wallonie/Halloween et Bruxelles/Blessures par d'autres comme Anvers/versant, Namur/une arme, Courtrai/très court, Tournai/traîne où, Arlon/râlons, Virton/vitrons, Nivelles/vilaine, Ostende/dansote, Liège/gilet, Alost/salto, Eeklo/coller, Herstal/rastel (un rastel est une réunion de gens invités à boire), Ypres/pire, Malines/la mine, Mol/l'homme, Dinant/andine, Marche/charme, Spa/passe, Saint-Trond/son train, Hasselt/tesla, Gembloux/boulange, Roulers/l'air ours, Seraing/rince... On frôle ici la contrepèterie, mais ce n'est pas désagréable.

- La vie tout entière n'est-elle pas une suite de questions sans réponses ?

- Plaît-il ? (Pierre Etaix -

« Dactylographismes»)

É. ANGELINI et D. LEHMAN