Bienvenue à Dour, foire de l'éclectisme musical

n.c.

Mardi 12 juillet 2011

C’est reparti pour une édition du festival de Dour. 4 jours, 200 groupes, 7 scènes, Dour est une foire à l’éclectisme bienheureux: du rock au reggae, de la techno à la pop, du rap au punk, ça se passe ce week-end à Dour.

Oyez oyez braves gens! Bienvenue à Dour, terre d’asile pour acharnés du (des) son(s): rockeurs indé, étudiants en pop music, metallheads, punks à chien, technofreaks, rastafariens en… herbe, docteurs en rapologie et autres égarés en quête d’aventures innommables. Le festival du Dour est une foire à l’éclectisme bienheureux et cette 23è édition poursuit dans cette veine – on ne change pas une équipe qui gagne.


Reprenons. Cette année, les deux grosses têtes d’affiche sont pop, anglaises, et revenues d’entre les morts: Pulp et Suede, fraîchement reformés (surtout en ce qui concerne le premier nommé). Dans cette même veine pop indé, on citera aussi les excellents Foals, découverts dans ce même festival il y a trois ans et impériaux en live, et Mogwai, qui ne manquera pas, comme à chaque fois, de tenter le mur du son.


Autres valeurs sûres, Cypress Hill, tête d’affiche du premier jour. Si les Californiens ne sont plus aussi excitants qu’il y a quinze ans sur disque, leurs concerts sont toujours prétexte à faire la fête sans s’occuper du lendemain. Ice Cube, Public Ennemy et House Of Pain seront les autres fleurons hip hop à fouler la plaine de la Machine à Feu.


Côté rock couillu, ce sont encore des revenants qui seront à la fête, à savoir les Belges de Channel Zero et les Américains de Kyuss qui se présenteront sans leur guitariste originel (Josh Homme des Queens Of The Stone Age) sous le patronyme Kyuss Lives! On notera aussi la présence de Neurosis. Ces Californiens, rares chez nous, ont depuis maintenant quinze ans dépassé les codes du genre métal et seront à coup sûr un des temps forts du vendredi.


Enfin – et en vrac – on retrouvera les maîtres de l’électronique pour accompagner les festivaliers jusqu’aux petites heures (Flying Lotus, Tiga, Ellen Allien, Partyharders…), le reggae pour la bonne vibration (Groundation jouera deux fois, samedi pour un tribute à Bob Marley fort attendu et dimanche pour un set personnel), les «petits belges» de l’étape (Great Mountain Fire, Suarez…), les expérimentateurs du bruit blanc comme Deerhoof, K-Branding et Ultraphallus et beaucoup d’autres encore.


4 jours, 200 groupes, 7 scènes et l’esprit Dour


23 ans que ça dure et Dour est plus populaire que jamais. 144 000 personnes ont d’ailleurs déjà leurs tickets, un record pour le festival qui a agrandi son terrain cette année. Mais comment et pourquoi Dour? Comment un festival aussi alternatif (il n’y a pas d’autre mot) que Dour a-t-il fait pour tenir 23 ans sans perdre en popularité, malgré la concurrence qui pousse dans les coins? Peut-être justement parce qu’il a su, malgré le succès grandissant, garder son côté alternatif justement. Bien sûr, le festival a dû resserrer les rangs (les forces de sécurité sont bien plus présentes qu’il a cinq ou dix ans) surtout après le chaos généralisé de l’édition 2007. Mais, et c’est là la plus grande réussite du festival, cette évolution nécessaire n’a pas entamé l’esprit Dour.


Quand on décide d’aller à Dour, ce n’est pas uniquement pour les groupes. D’ailleurs, parmi les 200 groupes présents chaque année, combien en connaît-on au départ? Combien en a-t-on vu à l’arrivée? Non, c’est bien plus que ça. Le festivalier sait que Dour, c’est un refuge, une terre d’asile, l’assurance de vivre quatre jours dans une liberté quasi totale (même si l’encadrement est bien présent). Dour est chaque année un endroit retiré du monde, où une certaine idée de l’anarchie règne dans la joie et la bonne humeur. Une sorte d’Arche de Noé rock post-moderne avec comme fil rouge, la musique. Une musique habituellement confinée au sous-sol qui sort de terre et explose durant quatre jours. Dour, c’est avant tout la certitude de passer un week-end rock & roll, à l’ancienne. Comme aurait pu dire le vieux Neil: Hey Hey (My My), Dour will never die!

Didier Zacharie