Bilan Les premiers Renc'Arts de la Roseraie Une vitrine et des retrouvailles

DATH,JANINE

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Mercredi 10 octobre 2001

Bilan Les premiers Renc'Arts de la Roseraie Une vitrine et des retrouvailles JANINE DATH

Oh la gadoue! Dimanche, on pataugeait sous les chapiteaux installés à la Roseraie par la FAR (Fédération des artistes de rue) à l'occasion de la première édition des Renc'Arts de la Rue.

Pourtant, le public était là, ainsi qu'une cinquantaine de programmateurs belges et étrangers. J'ai eu beaucoup d'échos positifs, tant du public, des artistes que des programmateurs , indique Bernard Massuir. Pour eux, ce fut un plaisir de découvrir une cinquantaine de compagnies.

Alain Benzoni ne le contredit pas. Programmateur d'«Au bonheur des mômes» au Grand Bornan et de «La rue du rire» à Montreux, il est venu spécialement des Alpes françaises. En théâtre de rue ou jeune public, ce qui se passe en Belgique est très intéressant. Je reviendrai pour la deuxième édition. Manu Moser a reçu l'information par hasard. Organisateur d'un festival à la Chaux-de-Fonds, il est venu pour répérer des spectacles.

J'avais envie d'avoir plus de Belges dans notre festival. J'ai toujours été séduit par ce qu'ils font. J'ai un public qui en a un peu marre du théâtre de rue français. Il y avait ici des choses exceptionnelles comme le Tof Théâtre, très fort dans la marionnette...

Ici, il y a un imaginaire différent de la France, un humour plus fin, plus léger. Souvent les spectacles jouent sur le ratage avec une inventivité incroyable qu'on voit beaucoup moins en Suisse et en France. Des programmateurs du Limburg Festival ont repéré les Globoutz, O Lava et les acrobates en slip d'Okidok. Ces derniers ont été approchés par le festival du film fantastique. Il est encore un peu tôt pour connaître les retombées en matière de contrat mais des contacts ont été pris.

Un événement comme celui-là confirme le fait que la FAR est représentative du secteur, argumente Bernard Massuir. C'est une manière de poser un acte. J'aurais envie d'avoir la possibilité que les artistes s'y retrouvent, que ça ne soit pas seulement une vitrine. Je ne voudrais pas que le ministre et la Communauté française se disent: «Ces gens-là peuvent faire ça avec des bouts de ficelle. Ça roule parce qu'on a tout fait pour. Quelle débauche d'énergie!» Il faut que le boulevard Léopold II (Communauté française) se rende compte qu'il faut un peu plus de moyens, que ce soit confortable. Mais c'est paradoxal, on a envie d'un truc authentique et il y a une âme. En Hollande, dix festivals décident des compagnies qu'ils vont engager. C'est devenu un énorme business. C'est comme si on allait «macdonaliser» les arts de la rue. Il faut faire attention, ce sont les artistes qui font l'événement. Ils l'ont prouvé tout au long du week-end.