Bon bulletin pour l’emploi en 2007

DEMONTY,BERNARD

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Jeudi 15 mai 2008

L’an passé, le taux de chômage en Belgique est passé de 8,3 % à 7,5 %. 116.000 personnes supplémentaires ont trouvé un emploi en 2007. Une évolution encourageante à plus d’un titre. Les plus de 50 ans retrouvent progressivement le chemin du travail et les contrats à durée indéterminée gagnent du terrain. Point noir récurrent : le chômage de jeunes qui reste très préoccupant. Notamment à Bruxelles.

P.6 notre analyse

Belle progression pour l’emploi

Emploi 116.000 personnes supplémentaires ont trouvé du travail en 2007

Les embauches de 2007 font passer le taux de chômage de 8,3 à 7,5 %. L’emploi des jeunes reste problématique.

Bonnes nouvelles pour l’emploi en Belgique : entre 2006 et 2007, le nombre de postes de travail a progressé de 2,7 %. Au total, 116.000 personnes ont intégré le marché du travail, ce qui porte le nombre de travailleurs belges à 4,38 millions de personnes. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle sur les forces de travail, publiée par le Service public fédéral de l’Economie.

Les plus gros employeurs de l’année sont actifs dans le commerce de gros et de détail et dans la réparation automobile. Le vieillissement de la population entraîne également un grand nombre d’embauches : le secteur des soins aux personnes a connu une forte progression d’emplois. D’après l’enquête, l’emploi explose aussi dans les ménages qui occupent du personnel domestique (+42,9 %). « Le succès des titres services y est très certainement pour beaucoup », constate l’étude.

Il y a 353.000 personnes

au chômage

C’est à Bruxelles que les embauches sont les plus nombreuses, particulièrement auprès des 25 à 49 ans.

Malgré son taux d’emploi déjà très élevé, la Flandre arrive en seconde position des régions créatrices d’emploi (+ 2,7 %), devant la Wallonie (+ 2,5 %).

Ces nouveaux recrutements ont eu pour effet de raboter le taux de chômage : en un an, il est passé de 8,3 à 7,5 %. D’après l’enquête, la Belgique comptait 353.000 personnes sans emploi à la fin de 2007, soit une baisse de 30.000 unités par rapport à 2006. La baisse du chômage est plus marquée auprès des personnes hautement qualifiées (– 14 %), mais le chômage décline aussi pour les moins qualifiés (– 9,6 %). On peut supposer que les mesures d’activation des chômeurs sont en partie à l’origine de cette baisse du nombre de demandeurs d’emplois.

Paradoxalement, c’est à Bruxelles, région la plus créatrice d’emploi, que la situation est la plus préoccupante : le taux de chômage y atteint 17,2 %, contre 10,5 % en Wallonie et 4,4 % en Flandre.

Ces statistiques de chômage doivent toutefois être considérées avec prudence. « Car elles excluent notamment les prépensionnés, les demandeurs d’emploi en stage, les chômeurs remis au travail et les demandeurs d’emploi en formation », dit François Pichault, professeur à HEC-Ecole de gestion de l’Université de Liège.

Enfin, le taux d’activité des Belges se trouve également dopé. Il était de 67,1 % à la fin de 2007, contre 66,5 % un an plus tôt. Pour la Fédération des entreprises de Belgique, ce n’est pas suffisant : « Le défi imminent du vieillissement de la population exige que davantage de personnes intègrent le marché du travail », dit Rudi Thomaes, l’administrateur-délégué de la Fédération patronale.

Les plus de 50 ans reprennent lentement le chemin du travail

Le taux d’emploi des plus de 50 ans reste problématique, en Belgique, notamment dans la perspective du financement des pensions. D’après l’enquête sur les forces de travail, le taux d’activité des personnes de 50 à 64 ans s’élevait à 50,5 % en 2007. Mais pour la première fois depuis de nombreuses années, la tendance commence à s’inverser. Entre 2006 et 2007, le taux d’emploi des plus de 50 ans a connu une progression de 7,7 %. Il faut probablement y voir les effets de la pénurie d’emploi qui s’installe, particulièrement en Flandre, et qui pousse les employeurs à recruter des personnes plus âgées. L’emploi des plus de 50 ans progresse d’ailleurs beaucoup plus en Flandre que dans les autres régions.

Le contrat à durée indéterminée reprend le dessus

Paradoxe : alors que les syndicats crient en chœur à la précarisation de l’emploi, les statistiques de l’enquête sur les forces de travail révèlent que le contrat à durée indéterminée progresse plus fortement que le travail temporaire. « Depuis quelques années, on constate le retour du contrat à durée indéterminée, notamment parce que des entreprises éprouvent des difficultés à trouver des candidats et leur offrent de meilleures conditions », analyse François Pichault, professeur à HEC-Ecole de gestion de l’Université de Liège. Mais cela ne signifie pas que les emplois créés sont confortables. Car ces contrats concernent souvent des métiers à salaire modeste, dans des secteurs tels que le commerce de gros et de détail, la réparation de voitures et l’Horeca.

Pour les jeunes, le travail reste une denrée trop rare

C’est inquiétant : malgré la pénurie d’emplois qui frappe certaines régions, un nombre très élevé de jeunes reste sans emploi. D’après l’enquête annuelle sur les forces de travail, l’emploi des jeunes n’a progressé que de 0,5 % entre 2006 et 2007, alors que la hausse est de 2,7 % pour l’ensemble des catégories d’âge. La situation est particulièrement préoccupante à Bruxelles où l’emploi des jeunes régresse de 4,2 %. « Il faut sans doute y voir le fait que les grands sièges d’entreprises, basés majoritairement à Bruxelles, recrutent des personnes plus expérimentées, donc plus âgées », dit François Pichault, professeur à l’Université de Liège. Autre écueil : le niveau de formation insuffisant d’une partie de la main-d’œuvre bruxelloise.