Braine-le-Château - L'IBW a présenté l'avant-projet contesté de la station d'épuration Les riverains espèrent toujours un autre site

VANHAM,VINCENT

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Mardi 23 mars 2004

Braine-le-Château - L'IBW a présenté l'avant-projet contesté de la station d'épuration

Les riverains espèrent toujours un autre site

* Le projet de station d'épuration de la Campine se concrétise. L'étude d'incidence a débuté. Mais le site est contesté et les riverains se mobilisent.

VINCENT VANHAM

La salle du conseil de la maison communale paraissait minuscule, jeudi dernier, quand des dizaines d'habitants s'y pressaient pour assister à la réunion d'information préalable à l'étude d'incidence relative à l'implantation d'une station d'épuration sur le site dit « Campine ». Il faut dire que le dossier cristallise les passions depuis de nombreuses années déjà.

Le dossier est à ce point important que cette station d'épuration permettra de compléter l'assainissement de la Senne et d'épurer toute la vallée du Hain dans sa traversée de Lillois, Ophain, Braine-l'Alleud, Waterloo, Wauthier-Braine et Braine-le-Château. C'est d'ailleurs l'une des pierres d'achoppement entre partisans et opposants puisque nombreux sont les Castelbrainois qui refusent de subir les désagréments pour tout le monde. Chacun sa merde ! lancera une dame.

Il est vrai qu'au départ, trois stations de plus petite taille étaient prévues le long du Hain. L'Intercommunale du Brabant wallon (IBW) a finalement décidé de les regrouper et de construire une station qui aura une capacité de 95.000 équivalents habitants. Pour des raisons de rationalisation mais aussi pour une question d'économie. Cette station traitera 15.450 m3 par jour (quinze millions de litres) mais aura une capacité pouvant aller jusqu'à 30.900 m2 et même le double en cas de grosse pluie et d'utilisation des déversoirs d'orage.

Située sur quatre hectares le long de la rue Nicolas Baudine, à quelques mètres de la limite avec Ittre, la station se voudra la plus discrète possible. Les responsables ont ainsi montré des projections en images de synthèse où l'on pouvait voir un bâtiment copiant l'architecture d'une ferme brabançonne ou un autre carrément enterré dans le sol. L'IBW voulait aussi rassurer les riverains proches sur la propagation des odeurs. Le processus d'épuration n'entraînera pas la formation de gaz et la collecte des gadoues de fosse septique se fera dans un bâtiment fermé et désodorisé.

Quant à la circulation engendrée par la station, l'IBW l'estime faible : six camions vidangeurs par jour, un conteneur de boue évacué chaque jour, un conteneur de déchets par semaine et enfin les véhicules des six personnes employées sur place. Par contre, d'ici là, 1.500 camions transiteront par la rue Nicolas Baudine durant les deux ans de travaux nécessaires.

Tout cela n'aura pourtant pas réussi à rassurer des habitants qui soutiennent la politique d'épuration des eaux usées mais qui contestent le choix du site Campine par l'IBW alors qu'en tout, dix-neuf terrains ont été étudiés. Pas assez en profondeur ! estimèrent en tout cas certains, ce que confirma une personne qui trouve ridicule que les arguments pour ne pas retenir les autres sites n'occupent que trois pages dans le dossier.

Un autre participant proposa l'utilisation du site des anciennes Forges de Clabecq tout proche : Il n'y a là aucun intérêt paysager et cela ne dérangera personne. Deux autres sites sur Braine-le-Château ont également été suggérés par l'ASBL Réserves naturelles RNOB, propriétaire du terrain voisin de la future station d'épuration, celui-là même sur lequel l'IBW avait jeté son dévolu dans un premier temps. L'endroit étant reconnu comme zone humide d'intérêt biologique, reprise d'ailleurs dans les sites destinés à former le réseau Natura 2000. L'intercommunale avait renoncé. Elle a même baptisé sa future station « L'Orchis ». En hommage aux orchidées voisines, déclara le directeur général de l'IBW Claude Pasture avec une pointe d'humour.·