Braine-le-Château - Un recours contre le refus de permis unique La station Orchis à tout prix !

VANHAM,VINCENT

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Lundi 25 avril 2005

Braine-le-Château - Un recours contre le refus de permis unique

La station Orchis à tout prix !

* L'IBW défend bec et ongles son projet de station d'épuration. Elle s'étonne d'une telle opposition. Et regrette une coûteuse perte de temps.

ENTRETIEN

VINCENT VANHAM

Diabolisée par les opposants de la station d'épuration Orchis de Braine-le-Château, l'Intercommunale du Brabant wallon (IBW) sort de sa réserve. Quelques heures avant le dépôt du recours auprès du gouvernement wallon contre la décision de la commune de lui refuser le permis unique, Claude Pasture, directeur général, et deux de ses ingénieurs, Pierre Leuris et Isabelle Massart, ont répondu à nos questions.

L'IBW est prête à user de tous les moyens juridiques pour arriver à ses fins ?

Si nous gagnons, les groupements environnementalistes iront au Conseil d'Etat. Nous ferons de même dans le cas contraire.

Pourquoi l'IBW tient-elle tant à mettre sa station à cet endroit ? N'est-ce pas devenu une question de principe ?

Nous estimons que c'est le bon site. On ne s'entête pas sur le principe, mais il faut savoir qu'un total de 17 sites ont été étudiés de façon approfondie et que celui-ci est le meilleur compromis. Un autre site lui était supérieur : la parcelle contiguë que les Réserves naturelles RNOB ont rachetée derrière notre dos. Ce site était moins visible car situé de 7 à 8 mètres en contrebas. Les travaux y auraient également été moins gênants parce qu'on aurait procédé par fonçage. À vrai dire, à part dans le chef d'une quinzaine de personnes qui vont vraiment être ennuyées durant les deux ans de travaux, on ne comprend pas pourquoi est née une telle opposition.

Les opposants à la station sont pour l'épuration du Hain, mais refusent de subir les désagréments de la pollution causée par Waterloo et Braine-l'Alleud. Est-ce une attitude que vous approuvez ?

Quand on a besoin d'un hôpital, on ne va pas à Braine-le-Château. Même chose pour un cinéma, un incinérateur, une école secondaire ou un tribunal... C'est une réaction un peu égoïste : les équipements communautaires ne peuvent être répétés dans chaque commune.

Justement, plusieurs petites stations ne vaudraient pas mieux qu'une grande ?

En terme de nuisances, d'occupation du sol et de voiries d'accès, plusieurs petites stations sont pires qu'une grande ! Ce genre de solution n'est, en tout cas, plus défendu par personne dans ce cas-ci.

Vous refusez l'étude d'implantation sur le site des Forges avant d'avoir usé tous les recours. Mais vous avez néanmoins parlé récemment d'un coût de 12,5 millions supplémentaires pour cette alternative. D'où vient ce chiffre ?

Nous avons déjà étudié une partie du site des Forges, mais pas aussi profondément que pour le site de la Housta. Une telle étude coûte cher, et on ne peut les multiplier.

Que reprochez-vous à l'alternative de Clabecq ?

Ce site nage dans une incertitude complète. Il ne fait actuellement partie d'aucun plan d'assainissement, et les terres polluées doivent néanmoins être retirées avant tout. Il y a également des nappes phréatiques à assécher et donc une station de traitement de l'eau à créer. Si on commence demain matin, le chantier sera fini dans cinq ans. En sachant qu'il y a 37,5 millions d'euros en jeu (NDLR : la station et le collecteur), chaque année de retard coûte des sommes folles à la collectivité rien qu'avec l'inflation.

Des procédures d'expropriation de terrains ont-elles été menées avant la procédure d'évaluation des incidences ?

Des contacts avaient, en effet, déjà été pris avec des propriétaires. Cela peut sembler rapide, mais c'est la procédure normale pour de tels dossiers. C'est nécessaire par rapport à la longueur des procédures.

Claude Pasture, votre verve est parfois mal perçue chez les opposants. Votre fonction ne vous oblige-t-elle pas à plus de réserve ?

J'ai également souvent été blessé, ce qui m'amène parfois à avoir des attitudes outrancières. Il ne faut pas oublier que ces dossiers représentent pour nous des centaines d'heures de travail. On ne peut pas se laisser insulter par des gens qui ne connaissent pas le dossier.

Un reproche souvent entendu à l'encontre de l'IBW est sa politisation, notamment au profit des libéraux...

On fait des réalisations dans toutes les communes de la province, quelle que soit leur couleur. Notre conseil d'administration est politisé, notre comité de direction beaucoup moins. Le conseil d'administration est de toute façon une stricte représentation du paysage politique en Brabant wallon. Raison pour laquelle le MR y bénéficie d'une forte représentation actuellement.·