Nouvelles menaces sur l’emploi chez AB Inbev

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS

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Samedi 5 décembre 2009

Les syndicats craignent un nouveau plan social chez le brasseur louvaniste. La direction nie mais évalue la charge de travail des employés.

Le premier brasseur mondial AB Inbev s’apprête-t-il à restructurer ses activités en Europe occidentale ?

La rumeur circule avec insistance dans les couloirs de la maison mère basée à Louvain.

Une chose est certaine en tout cas, depuis plusieurs semaines, une évaluation de la charge de travail des employés d’AB Inbev a été mise en place. Le but est de traquer les postes qui feraient doublons.

À terme, ce processus pourrait, selon nos informations, déboucher sur la suppression de 30 % des effectifs dans la zone Europe occidentale qui emploie 8.000 personnes dont 2.800 chez nous.

Les syndicats sont évidemment sur le qui-vive. L’arrivée très prochaine d’un pur financier – plutôt que d’un spécialiste du marketing – à la tête de cette zone ne rassure pas. Pour l’heure, la direction ne souhaite pas commenter cette rumeur.

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Restructuration chez AB Inbev ?

Brasserie Les syndicats craignent un nouveau plan social

Le brasseur AB Inbev est-il à nouveau sur le point de restructurer ses activités en Europe occidentale ? C’est en tout cas une rumeur qui circule avec insistance dans les couloirs du quartier général à Louvain.

Depuis plusieurs semaines, un programme d’évaluation de la fonction et de la charge de travail de chaque employé a été mis en place. Objectif notamment : déterminer la présence d’éventuels doublons dans l’organisation. Ce projet baptisé « towering » pourrait déboucher sur la suppression de jusqu’à 30 % des effectifs dans la zone Europe occidentale, selon une source interne. Cette zone regroupe 8.000 personnes dont 2.800 en Belgique, le reste étant réparti en Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, France et Italie.

Inquiétude syndicale

Les syndicats sont inquiets. « J’ai entendu cette rumeur comme tout le monde à Louvain, réagit Aimé Van Oost, délégué de la FGTB. C’est difficile à vérifier. A chaque fois que l’on demande une explication à la direction, on nous répond qu’il n’y a rien pour l’instant mais que l’entreprise est toujours à la recherche du meilleur prix pour les prestations dont elle a besoin. Tous les bruits circulent : on parle de la suppression de 5 %, de 15 %, de 30 % des effectifs. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura quelque chose. Mais quoi ? » L’arrivée au premier janvier prochain, en remplacement d’Alain Beyens, d’un pur financier à la tête de la zone (Jo Van Biesbroeck) plutôt qu’un homme de marketing peut être interprétée comme un mauvais signe à cet égard.

Cette annonce ne surprendrait guère. On sait que les ventes de bière ne cessent de diminuer dans la zone Europe occidentale. Sur les neuf premiers mois de l’année, les volumes d’AB Inbev ont encore reculé de 5,6 %. Pour maintenir et augmenter la rentabilité de cette division, il n’y a donc pas trente-six solutions : il faut augmenter les prix et surtout diminuer les coûts. Un exercice dans lequel, on le sait, les Brésiliens qui dirigent actuellement AB Inbev excellent.

Ce qui est certain, c’est que le brasseur veut modifier la façon dont le marketing fonctionne en Europe. Il ne sera plus organisé pays par pays comme aujourd’hui mais plutôt par marque. « La mise en œuvre de ce plan pourrait avoir un impact potentiel sur l’emploi de maximum 18 personnes dans sept pays, nous a précisé la porte-parole d’AB Inbev, Karen Couck. C’est en discussion avec les syndicats. »

Pour le reste, c’est un « no comment » de circonstance. « Nous explorons continuellement des opportunités pour améliorer nos opérations, afin d’assurer le succès à long terme de notre entreprise. Si nous avions une intention dans un domaine particulier, nous en informerions nos employés et leurs représentants le plus vite possible. »