Bravo a fait son choix

BEAULIEU,JACQUELINE

Page 28

Mercredi 24 janvier 1990

Bravo a fait son choix

et espère mettre dans le mille

Elle est bien dans ses baskets, Christine Bravo. La télé ne lui est pas montée à la tête. C'est assez rare pour qu'on le souligne. Je ne suis ni du genre beauf ni du genre demeuré. Je ne fais pas non plus partie de l'élite qui veut refaire le monde, déclare-t-elle. En fait, elle se sent une jeune femme comme on en rencontre des tas dans le métro. Ni super-nana, ni moche. Celles qu'en général on ne voit pas à la télé.

En revanche, elle se déclare du côté des tendres. Elle a des références dans le monde de la petite lucarne. Et ce ne sont pas les moindres: Michel Drucker très respectueux des autres et Bernard Rapp quelqu'un d'épatant que j'adore.

J'étais seulement

la vitrine de l'émission

Celui-là, cette voyageuse qui fait trois petits tours dans une émission et puis s'en va, elle l'a quitté à regret. Elle est moins nostalgique de ce qu'elle faisait avec Dechavanne ou aux «90 Rugissants»: J'ai quitté «Ciel mon mardi» parce que je n'avais pas la même conception de ce magazine que son animateur. Quant aux «90 Rugissants», j'étais seulement la vitrine de l'émission. Sans aucun droit de regard sur sa conception. Mais je m'entendais très bien avec Pascal Breugnot qui a d'ailleurs parfaitement compris le choix que j'ai fait.

Voir plus qu'entendre!

Il est vrai que la proposition était tentante: en lieu et place de quelques apparitions, on lui propose à FR 3 une émission d'une heure entière dont elle aura la charge. Ça s'appelle «Mille Bravos» et c'est un magazine du spectacle. Avec des invités sur un plateau mais surtout des reportages. Et cela, chaque mercredi à partir de ce soir. On verra plus qu'on entendra, dit-elle. Foin des bavardages et des invités qui le sont partout. Ce dont elle a envie c'est de faire partager ses coups de coeur qui ne seront pas uniquement parisiens puisqu'elle ira voir aussi les spectacles en province: Je veux faire du prosélytisme: je suis allé voir ça, j'ai aimé. Peut-être aimerez-vous aussi. Et ce ne sera pas nécessairement des spectacles qui ont du succès. Je peux me tromper. Mais je veux conserver le ton que j'ai avec des copains à qui je fais part des choses que j'ai trouvées super. Les gens qui me reconnaissent dans la rue me disent: «Quand on vous voit à la télé, c'est comme si vous étiez à table avec nous». C'est ce contact que je veux conserver.

L'écriture aussi

N'empêche, Christine a un drôle de trac. Elle a, certes, envie que ça marche et c'est normal. Laissons-lui le temps de s'installer: Dans le service public, ce ne sont pas des tueurs comme dans les chaînes commerciales, explique-t-elle. Ce qui ne veut pas dire que je suis contre les réseaux privés. Mais je me sens mieux à FR 3, on n'a pas l'oeil constamment fixé sur l'audimat. Mais, au bout du compte, cette expérience qu'elle tente avec l'aval de ses gosses - onze et douze ans - qui lui ont accordé, pour un temps, de fréquentes absences, n'est pas toute sa vie. Elle demeure avant tout journaliste: L'écriture, ça ne vous lâche pas et ça ne dépend pas de votre tête. Son vrai rêve: Etre l'écrivain de sa génération. Son premier roman sort le 14 février chez Flammarion. Ça se passe au Mexique et ça s'appelle «Avenida B».

JACQUELINE BEAULIEU.

«Mille Bravos», FR 3, 21 h 50.