Brieuc de Meeûs à la Stib ?

RENETTE,ERIC; WILEN,LAURENT

Vendredi 15 juin 2012

Transports Le patron de Flightcare est l’autre candidat en lice

Brieuc de Meeûs, le patron de Flightcare, un des deux gros opérateurs de handling de l’aéroport de Bruxelles National, est l’« autre » candidat à la direction de la Stib en remplacement d’Alain Flausch. Il est en lice avec Kris Lauwers qui assure actuellement l’intérim à la tête de la société de transport en commun.

L’Écho assurait hier que le choix du jury chargé de sélectionner « le » candidat était même déjà fait en faveur du patron de l’ancienne filiale de handling de la Sabena (manutention des bagages, ravitaillement, déplacement, nettoyage des avions au sol…). Pour celui-ci, cette désignation tomberait à point nommé et s’inscrirait parfaitement dans un agenda dont l’horizon devenait un peu bouché.

Ingénieur électromécanicien de formation, cet homme de 51 ans dirige Flightcare depuis 2004. Après des passages chez Air et Chaleur, Hamon et Cegelec System, il était confronté à des défis de taille avec une équipe de plus de 1.000 personnes.

Après la faillite de la Sabena en 2001, la filiale handling avait abouti dans le groupe espagnol FCC (Fomento de Construcciones y Contratas) qui voulait à cette époque diversifier ses activités. Aujourd’hui, Flightcare gère les arrivées et départs de 35 millions de passagers en Europe, les services au sol pour plus de 160.000 avions dans 14 aéroports en Europe. Sur le tarmac de Bruxelles, il est en lice avec l’autre « handler » belge, Aviapartner, également implanté dans différents aéroports européens.

Mais Flightcare vient d’être repris par un autre grand du secteur en Europe, Swissport, issu, lui, de la faillite de Swissair… impliquée dans la faillite de la Sabena. Or sa filiale belge, appelée à prendre en main les opérations à Brussels Airport, est aujourd’hui dirigée par Marcel Buelens, l’ancien patron de l’aéroport de Charleroi. Tous ceux qui les connaissent se demandent comment deux personnes aux tempéraments aussi différents allaient pouvoir s’entendre.

Patron affable, courtois, réservé, il est décrit comme étant plutôt à l’écoute, selon ses proches et les syndicats avec lesquels il semble avoir trouvé un mode de fonctionnement équilibré. S’il passait du monde des services à l’aviation à celui des transports en commun, la cohabitation avec son « repreneur » ne poserait plus de problème. Contactés, ni lui ni Flightcare n’ont réagi jusqu’à présent.

la Procédure

Un directeur avant les vacances

Brieuc De Meeûs se targue d’avoir de l’avance sur son concurrent Kris Lauwers, mais rien n’est joué, rappelle la Région. Le match qui reste ouvert a été lancé il y a sept mois par Alain Flausch. Le 21 septembre, Alain Flausch, alors directeur général de la Stib, confirmait son départ avant terme, usé par les dissensions avec le pouvoir de tutelle régional. Il a déjà fallu plus de quatre mois au gouvernement pour se mettre d’accord, début février, sur une procédure de nomination par appel et concours. Ceci après un tollé des partis francophones né d’une tentative avortée de « coup d’Etat flamand » pour mettre à la tête de la société Kris Lauwers, le directeur adjoint. Les deux candidats ont passé leur « assessment ». Un jury de cinq professionnels a jaugé les candidats et a rendu un avis au gouvernement bruxellois. Un stade où De Meeus se prévaut de tenir la corde. « Mais c’est un avis. Sur cette base, le gouvernement doit faire son choix. Ce n’est pas la ministre qui décide. » Seule certitude : la décision tombera d’ici une à trois semaines car « la ministre veut un directeur avant les vacances. »