Brieuc de Meeûs (Flightcare) va piloter la Stib

DI PRIMA,CORENTIN

Mardi 19 juin 2012

Transports Intronisé jeudi par le gouvernement bruxellois

La saga de la succession d’Alain Flausch à la tête des transports publics bruxellois prendra fin ce jeudi. A bonne source, on nous a confirmé l’information révélée par L’Echo jeudi dernier : Brieuc de Meeûs va quitter la direction de Flightcare, qu’il dirige depuis 2004, et où il s’est forgé une solide réputation, en réussissant à faire de l’ancienne filiale de la Sabena la plus importante société de handling de Belgique, pour prendre la direction de la Stib et de ses 6.500 travailleurs. Il sera officiellement présenté jeudi par le gouvernement bruxellois et prendra ses fonctions en septembre. Un gros challenge pour cet ingénieur électromécanicien de formation, âgé de 51 ans.

Brieuc de Meeûs a émergé au terme d’une procédure de sélection de plusieurs mois, qui a tendu les relations au sein de la majorité dans la Région-capitale (PS-CDH-Ecolo-Open VLD-CD&V-Groen). On savait qu’au terme de la procédure, le jury de sélection avait retenu deux noms : lui, francophone et un Flamand, Kris Lauwers, qui a assuré l’intérim après le départ d’Alain Flausch, fin 2011.

Mais ce dernier, soutenu jusqu’au bout par Brigitte Grouwels, ministre bruxelloise de la Mobilité (CD&V), n’était pas apprécié des partis francophones. Celui qui a déclaré récemment dans le Morgen qu’il fallait davantage « traire » le client de la Stib pour compenser le manque de financement chronique de la société restera directeur général adjoint. Brieuc de Meeûs, lui, est décrit, outre ses qualités de gestionnaire, comme un patron plutôt proche du terrain, des syndicats et du personnel. Le dialogue social, c’est l’un des défis du nouveau patron de la Stib, au vu des tensions récurrentes liées à la sécurité du personnel et à ses conditions de travail. C’était l’une des lacunes le plus souvent pointées par les syndicats de la Stib à l’adresse d’Alain Flausch.

« Sa porte toujours ouverte »

Un profil confirmé par Frank Moreels, permanent de la FGTB-Transports : « Sa porte est toujours ouverte. On n’avait pas toujours la même vision, mais il est toujours resté ouvert au dialogue. Son départ, c’est une mauvaise nouvelle pour nous, mais une bonne nouvelle pour le personnel de la Stib », estime-t-il.

Autre défi de taille, marquer de son empreinte et piloter le futur contrat de gestion 2012-2016. Il y a urgence. Il ne s’agit rien moins que définir les modes de financement pour trouver 1,8 milliard d’euros d’ici à 2018, et poursuivre le développement de l’offre de la Stib, alors que la demande de transports en commun dans la capitale explose. Une note d’orientation paraphée par le gouvernement bruxellois existe depuis février. Mais la rédaction définitive du contrat de gestion attendait la nomination d’un nouveau patron. Le salaire de Brieuc de Meeûs devrait être de 170.000 euros brut par an, identique à celui qu’Alain Flausch percevait. Les modalités (éventuels bonus) sont encore à préciser.