Bruxelles Désignée samedi, la tête de liste MR à la Chambre veut rendre son mouvement « incontournable » Ducarme part en campagne

BOURTON,WILLIAM; DEWEZ,ALAIN

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Mardi 10 septembre 2002

Bruxelles Désignée samedi, la tête de liste MR à la Chambre veut rendre son mouvement « incontournable »

Ducarme part en campagne

Au lendemain des « accordailles » PS-Ecolo, Daniel Ducarme sonne le tocsin au MR. A Bruxelles, face à Laurette Onkelinx, Isabelle Durant et Joëlle Milquet, la bataille législative s'annonce terrible !

ANALYSE

WILLIAM BOURTON

Deux mille trois cent vingt-sept. Sur le CV pourtant fourni de Daniel Ducarme, ce chiffre est inscrit en lettres d'or. C'est le score personnel qu'il a réussi aux communales du 8 octobre 2000, à Schaerbeek : à peine trois cents voix de moins que le futur bourgmestre FDF, Bernard Clerfayt. Dix mois après avoir quitté son fief de Thuin, Daniel Ducarme était légitimé dans la capitale ; ce soir-là, l'ère de Donnea prenait fin.

Pour Daniel Ducarme, Schaerbeek qu'il s'apprête à abandonner pour Ixelles n'était qu'un simple banc d'essai. Déclaré apte au feu bruxellois, il conduira la liste MR à la Chambre aux législatives de 2003. Mais, en politique comme dans le show-biz, c'est souvent la deuxième sortie qui se révèle la plus périlleuse. C'est qu'il faut confirmer... Ducarme le sait. La pression sur ses épaules est énorme.

La bataille législative de Bruxelles sera terrible. Un match à quatre, qui devrait opposer Daniel Ducarme à Laurette Onkelinx (PS) et Isabelle Durant (Ecolo), liées par un « pacte de gauche » enfin clarifié, avec Joëlle Milquet. (CDH) en embuscade.

Le choc sera à Bruxelles, a confirmé Ducarme, hier soir, devant le comité directeur du PRL. La gauche plurielle ou quel que soit le nom qu'ils veulent lui donner resserre les rangs. Sa volonté est d'être le poids incontournable du côté francophone, dans le cadre de toute négociation. Le Mouvement réformateur a la même ambition : le MR doit rester incontournable !

Depuis le 1er mai dernier et l'appel à l'union de la gauche d'Elio Di Rupo, la (re)bipolarisation du débat politique s'est imposée à Daniel Ducarme.

J'ai longtemps cru que le débat se situerait désormais au centre, avoue-t-il. Or, nous allons vers la rupture. Le fait, pour le PS et Ecolo, de se situer de manière aussi radicale dans le cadre d'un message du passé, c'est un geste d'exclusion. Cela diabolise les autres. Moi, je préfère travailler sur le modèle de la réconciliation, de la synthèse, depuis le centre de l'échiquier. On verra... Les gens auront le choix. Chaque citoyen va devoir se prononcer pour un choix de société. Je crois en tout cas que ce qui va se passer au soir des élections sera très important pour la décennie à venir !

Pour un baptême du feu législatif à Bruxelles, Daniel Ducarme joue décidément gros. C'est que le profilage centriste du MR, il l'a imposé (avec Louis Michel) aux libéraux bruxellois « vieux style », incarnés par François-Xavier de Donnea. Critiqué, en disgrâce, l'actuel ministre-président bruxellois glisse d'ores et déjà qu'aux législatives de 1999, il avait réussi le meilleur score jamais réalisé depuis le départ à la retraire de Paul Vanden Boeynants...

Le corps électoral qui nous est le plus proche doit être conscient que la mobilisation devra être extrêmement forte, martèle Daniel Ducarme. Rappelons-nous les communales. Si nous sommes revenus au pouvoir à Schaerbeek, nous avons été relégués dans l'opposition à Bruxelles-Ville, Ixelles et Molenbeek. La carte politique n'est pas facile !

Et, dans la foulée des législatives, il y aura les élections régionales... Un des grands enjeux de ces législatives, ce sera Bruxelles, estime Ducarme. Quand j'entends les propos tenus par certains Flamands, et notamment le ministre-président Patrick Dewael (VLD), et les réponses de certains Wallons, notamment son homologue wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS), quand je constate que l'on dialogue de Flandre à Wallonie, je suis inquiet. Le Mouvement réformateur est la seule formation politique francophone qui peut garantir tout à la fois un espace Wallonie-Bruxelles fort et une Région bruxelloise à part entière.

Le plaidoyer d'un candidat ministre-président en 2004 ? Il y en a d'autres qui pourraient très bien le faire, répond-il. En tout cas, pour le moment, je suis très bien là où je suis, comme président du Mouvement.·