Bruxelles sera-t-elle privée de réseau 4G ?

MUNSTER,JEAN-FRANCOIS

Samedi 7 juillet 2012

Télécoms Les opérateurs estiment les normes régionales de rayonnement trop sévères

Bruxelles, capitale de l’Europe, siège de l’Otan et d’un grand nombre de multinationales sera-t-elle bientôt la seule ville belge sans réseau 4G, la nouvelle norme pour les appareils mobiles permettant des vitesses de surf jusqu’à 10 fois supérieures à l’actuelle 3G ? Peut-être. Chez Belgacom, on travaille au développement de ce nouveau réseau dans les villes d’Anvers, Gand, Louvain, Liège et Namur en vue d’une commercialisation du service d’ici à la fin de l’année mais à Bruxelles, rien n’est prévu pour l’instant. En cause, la sévérité des normes appliquées dans la capitale, selon De Morgen.

Ces normes spécifient que les Bruxellois ne peuvent pas être exposés à plus de 3 volts par mètre cumulés de rayonnement. Le terme « cumulé » signifie 3 volts tous opérateurs télécoms et toutes technologies confondues (GSM, 3G, 4G…). En Flandre et en Wallonie, c’est aussi du 3 volts par mètre mais par opérateur et par technologie. Cela fait un monde de différence.

« Au final, après le partage avec les autres opérateurs, on se retrouve avec 1,5 volt par mètre pour Proximus, explique Haroun Fenaux, porte-parole de Belgacom. Et avec ça, on doit faire du GSM, de la 2G, de la 3G. Notre priorité actuellement est de mettre en conformité notre réseau par rapport à cette nouvelle norme. Cela prend du temps. La baisse de puissance va entraîner des problèmes de couverture. Cela demandera l’installation de nouvelles antennes ou l’adaptation des sites existants, en remontant par exemple les mâts. C’est très compliqué. Vu les contraintes de rayonnement, on a déjà des difficultés à ne pas dépasser 1,5 volt pour les 2G et 3G. Alors de la 4G… On y réfléchit depuis un moment mais on se demande vraiment comment on va faire ». Mobistar rencontre également le même problème et dénonce le fait que « Bruxelles hypothèque son avenir avec ces normes de rayonnement absurdes. »

La ministre de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), n’apprécie que modérément ces propos : « Les opérateurs m’avaient déjà sorti les mêmes arguments lors du déploiement de la 3G. Or il y a aujourd’hui de la 3G à Bruxelles. Je suis ouverte à la discussion mais sur base d’éléments chiffrés. Cela fait plusieurs fois que je leur demande des éléments permettant d’objectiver les choses et je ne reçois rien. On a toujours essayé de trouver un équilibre entre les impératifs de santé publique d’une part et les intérêts économiques et le développement des nouvelles technologies d’autre part.

Si les normes sont plus strictes à Bruxelles, c’est parce que l’habitat y est aussi plus dense. »