LAMBERT,EDDY
Mercredi 9 février 2005
CAMPUS
Le « P'tit Torê » s'étoffe
EDDY LAMBERT
Les élections approchent à grands pas à l'Université de Liège (ULg). Les professeurs éliront le successeur du recteur Willy Legros en mai, un mois après que les étudiants auront renouvelé l'équipe dirigeante de la Fédé (Fédération des étudiants de l'ULg) dont, rappelons-le, l'année académique en cours est celle de son trentième anniversaire.
Entre autres projets, la coprésidence en fin de mandat avait annoncé la refonte du journal de la Fédé, « Le P'tit Torê ». C'est fait : le numéro de janvier 2005 a marqué la fin d'une mue, avec une nouvelle mise en page dans l'air du temps (plus aérée, mieux hiérarchisée et mieux illustrée), un contenu diversifié, une diffusion non plus bimestrielle mais mensuelle (tout en maintenant le tirage à trois mille exemplaires) et, dès mars, le passage de huit à douze pages. L'organe des étudiants de l'ULg n'a plus qu'une très lointaine ressemblance avec son ancêtre « Le P'tit Etudiant », lancé dans les années 1980 et ressuscité en 1998, sous le nom actuel, après cinq ans sans paraître.
La rédaction en chef, nouvelle elle aussi, définit le « P'tit Torê » comme une fenêtre sur l'Université et la ville de Liège. C'était certainement déjà le cas avec les précédentes formules, mais, de son aveu, l'ambition en sortant chaque mois un « P'tit Torê » plus épais est de se recentrer sur les activités des étudiants et des cercles.
Ce qui, que l'on ne se méprenne pas, ne veut pas dire que ce n'est plus, ou moins que par le passé, le porte-voix de la Fédé en tant qu'instance représentative. Le conseil d'administration de la Fédé fournit au moins un article de fond par numéro pour informer les étudiants sur ce qu'elle fait, explique le coprésident Jean-Yves Pirenne. C'est dans le « P'tit Torê », la vitrine de la Fédé comme dit Jean-Yves, que les étudiants trouvent l'info pure et dure donnée par leurs représentants, comme par exemple sur le décret Bologne et la hausse du minerval.
En dehors de cette tribune, l'équipe rédactionnelle - une quinzaine de personnes dont trois corédac' chefs - est pleinement autonome. Les rédacteurs se réunissent deux fois par mois et, le plus souvent, échangent leurs idées sur un forum en ligne. Toutes les propositions de sujet sont les bienvenues ; le choix se fait en sorte qu'information et divertissement s'équilibrent.
On cherche avant tout à se faire plaisir, confie un corédac' chef, Patrick Camal, étudiant de première année de baccalauréat en langues orientales. On essaie d'être représentatif. On respecte le style et l'opinion de chacun.
C'est ainsi que le « P'tit Torê », dans son édition de janvier, donne la parole à l'association belgicaine B Plus, consacre un article à Amnesty International et une double page de reportage sur la colonie d'étudiants chinois de l'ULg (on apprend qu'ils sont cent vingt !) Le mensuel se veut plus en prise sur l'actualité : dernièrement les examens, prochainement la fête de la... Saint-Torê ou la manifestation Campus Plein Sud, encore méconnue nonobstant l'intérêt des étudiants pour l'action des ONG et l'altermondialisme.
Après l'actu vient la rubrique culturelle où Murielle Vancamp et Valeria Musio, qui complètent le trio de corédac' chefs ont débuté. De par son approche ni commerciale ni populaire, le « P'tit Torê » n'est en aucune façon concurrent de médias sur les loisirs genre « Keskispass » ou « Liège 04 ». De même, « Le Quinzième Jour », organe de l'ULg que nos étudiants rédacteurs tiennent pour un journal d'entreprise, n'a qu'une vague parenté.·
Internet en tête des sources d'information
Le quotidien « Le Monde » a donné, en janvier dernier, les résultats d'un sondage mené auprès de jeunes de 15 à 25 ans sur leur média de prédilection. Ils ont répondu internet à 61 %, la télévision à 49 %, la radio à 29 %, la presse quotidienne à 17 % et les magazines à 9 %. Nous avons posé la même question aux rédacteurs en chef du « P'tit Torê ». Même s'il diffère quelque peu, leur jugement confirme au moins une chose : internet a vraiment la cote.
Internet. C'est l'outil de travail numéro un de Patrick : J'achète rarement la presse, je consulte plutôt les sites web de CNN, de la BBC, du « Times », du « Monde »... Pareil pour Murielle et Valeria qui surfent surtout à la recherche d'infos culturelles.
Presse écrite. Comme Patrick, Murielle et Valeria achètent peu la presse écrite, si ce n'est des magazines musicaux. De temps en temps « Le Soir » ou « La Libre », précise Murielle. « Le Soir », dit pour sa part Valeria, quand un sujet d'actualité me touche ou si c'est une édition spéciale comme celle illustrée par les dessins de Geluck. En revanche, s'ils ont un journal sous la main, ils le lisent. Mon papa est abonné à la « Dernière Heure ». Je la regarde mais ne l'achèterai jamais, affirme Murielle, qui parcourt aussi, à petite dose, « Le Monde Diplomatique ». Valeria est d'avis que la « Dernière Heure » a de bons papiers culturels. Et les journaux gratuits ? Murielle, venant de Braine-le-Comte, en lit dans le train comme « Zone 02 », mieux fait que « Liège 04 ».
Télévision. Cela peut paraît surprenant, ils regardent peu la télé. Patrick, jamais. Valeria n'apprécie que le « Grand journal » de Michel Denisot et les « Guignols de l'info » diffusés sur BeTV. Et les émissions de téléréalité ? Très peu pour eux...·
E. L.