n.c.
Lundi 7 juillet 2008
Chaque université francophone a un certain quota maximum d’étudiants à « faire passer » en seconde année. Certains étudiants ont réussi leur première année, parfois avec distinction, et se voient de ce fait refuser l’autorisation de continuer leurs études en médecine.
Ce numerus clausus est injuste. Chaque année, on voit des universités, dont les quotas sont remplis dès la fin de la première session, laissant de nombreux étudiants sur le carreau, malgré leur réussite, voire leur brillante réussite.
Par contre, d’autres universités ne parviennent pas à atteindre leurs quotas dès la première session et devront attendre septembre pour clôturer leurs quotas et ce, sous le nez de certains étudiants ayant réussi avec distinction dès la session de juin… mais pas dans la bonne université ! De par le fait qu’il impose un quota de réussites par université et non pas une sélection valable sur toute la Communauté française, ce sont forcément les universités qui ont les meilleures « cohortes » qui voient leurs étudiants pénalisés.
Ce numerus clausus est cruel. Un tel système génère un mauvais esprit au sein des auditoires : travailler pour réussir ne suffit pas. Il faut par ailleurs tenter d’éliminer les candidats brillants autour de soi, car moins il y en aura, plus on a de chances de passer en seconde année. Ne nous leurrons pas : le voisin de banc est le concurrent à éliminer plutôt qu’un futur confrère. Or, un bon médecin est aussi celui qui aura développé des qualités humaines d’empathie, de respect, de générosité, d’écoute, d’altruisme ! C’est un message que nos professeurs d’université ne sont plus en mesure de transmettre dans le contexte actuel.
Ce numerus clausus est illégitime. Il a été mis en place pour répondre aux quotas imposés par le Fédéral pour limiter le nombre de médecins à une époque où on a craint la pléthore. La pléthore n’a jamais eu lieu, et aujourd’hui la pénurie s’est installée.
Pire, ces quotas ont été instaurés en l’absence de tout cadastre de l’activité médicale en Belgique. Si nous ne disposons pas aujourd’hui d’un recensement réaliste de nos professionnels de la santé, comment objectivement prévoir nos besoins en médecins dans un an, dans cinq ans ? C’est aberrant. D’ailleurs la Commission de planification, pour faire face à la pénurie installée de médecins, a demandé au Gouvernement de revoir à la hausse les quotas fédéraux. Mais alors qu’ils ont été augmentés, le numerus clausus quant à lui n’a pas été adapté depuis 2005 !
Il faut maintenant faire preuve de respect envers le travail et la vocation des étudiants, envers les économies et l’angoisse de leurs parents et le malaise des universités et de leurs professeurs : fixons un examen d’entrée dès la première année ! Nous insistons sur le terme « examen d’entrée » et non « concours »…
Nous demandons que soit organisé un examen d’entrée qui tiendrait compte à la fois des prérequis nécessaires pour se lancer dans des études de médecine, mais aussi des qualités humaines que requiert cette vocation. Un tel examen existe depuis une dizaine d’années en Flandre et, au fil des ans, s’est affiné en fonction des difficultés et des expériences passées.
Cet examen ne serait d’ailleurs pas une première en Communauté française : que l’on sache, personne n’a jamais en effet contesté la pertinence d’un examen d’entrée en Polytechnique ! Celui-ci pourrait également jouer un rôle stimulant pour les élèves de l’enseignement secondaire, désireux de mieux se préparer de façon active à présenter cet examen d’entrée.