Cerexhe-Heuseux-Beaufays : une liaison dangereuse

MOREL,PIERRE

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Samedi 18 février 2006

Mobilité Ecolo craint son impact sur Liège

En janvier dernier, la majorité PS-CDH liégeoise s'émouvait de l'effet déstructurant que pourrait avoir pour la ville le projet de liaison autoroutière entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays, notamment en raison des nombreux projets de zonings commerciaux initiés par les communes traversées par la liaison, Fléron en tête. Ecolo, qui a toujours été contre ce projet, a donc pris jeudi la balle au bond, en s'étonnant par la voix de son chef de groupe au conseil communal, Benoît Labaye, que « le collège liégeois semble enfin découvrir la roue ! ».

« Jusqu'ici, on n'avait guère entendu d'autre voix politique que celle d'Ecolo pour émettre des doutes quant à ce projet, poursuit Benoît Labaye. Devant cette nouvelle donne, on peut soit éclater de rire devant la lenteur neuronale de certains ou se réjouir qu'un premier coin d'importance soit enfoncé dans l'unanimité qui régnait jusqu'ici chez les ténors des trois grands partis sur la question. C'est cette deuxième voie que nous choisissons en apportant quelques éléments concrets au débat. »

Pour Ecolo, la liaison CHB présente en effet de multiples dangers pour Liège. « D'abord, des centres commerciaux en bordure de la liaison dissuaderont les clients potentiels de se rendre au centre-ville de Liège, où le commerce est pourtant déjà un secteur en perte de vitesse, affirme Bénédicte Heindrichs, tête de liste aux prochaines élections. Cela va également sans aucun doute renforcer l'exode urbain : depuis 1990, Liège a perdu 5,8 % de ses habitants alors que l'arrondissement n'en perd que 0,5 % ! En plus, cette liaison en cache une autre : après CHB, pour refermer le ring, le MET a déjà prévu la construction d'une autre liaison, entre Beaufays et Seraing-Ougrée, qui devra traverser le massif boisé du Sart-Tilman, l'un des derniers poumons verts de Liège. Une politique des chaînons manquants, on n'en voit jamais la fin ! »

Et pour le député wallon Bernard Wesphael, si Liège veut faire entendre sa voix dans ce dossier, il n'y a qu'une manière : réaliser au plus vite la fameuse communauté urbaine. « Il est urgent de réfléchir à un réel plan de mobilité global supracommunal. »

« Mais derrière ce dossier, il y a les bisbilles socialistes, et un président de la fédération liégeoise du PS (Willy Demeyer) qui a mis la communauté urbaine au frigo en un aveu de son manque de carrure politique pour gérer sa fédération », se lamente Benoît Labaye.