CHARLEROI «J» arrive et les jeunes dans l'étrange lucarne Télésambre donne la parole aux jeunes

MEGETTO,FRANCO

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Mardi 28 novembre 2000

CHARLEROI «J» arrive et les jeunes dans l'étrange lucarne Télésambre donne la parole aux jeunes

Benoît Delbèque est incontestablement devenu le Monsieur Jeunes de Charleroi. Au départ de Jeunes Mania, la maison de jeunes qu'il préside à Marcinelle, sont nées plusieurs initiatives visant à rendre à cette classe d'âges résolument à problèmes une identité et un rôle. En y voyant défiler des cohortes d'ados en mal d'école et de formation, largués des filières professionnelles, Benoît Delbèque a initié un projet d'ASBL de formation socio-professionnelle. C'était en 1995. Aujourd'hui, «J» arrive emploie six personnes à temps plein, est subsidiée par le FSE, la Région et le Fipi et fournit un panel de formations d'où émergent celle d'ouvrier polyvalent, qui permet à ses stagaires de se coltiner à la réalité de presque tous les métiers du bâtiment mais surtout des formations audiovisuelles, qui grâce au concours de Télésambre, ont acquis une notoriété à nulle autre pareille.

L'idée de départ était d'initier des jeunes aux métiers de l'audiovisuel: caméra, son, travail journalistique, montage, tout en leur permettant de suivre des cours, ceux de la troisième année de graduat en pratique de la presse et de l'information de l'Ipsma mais aussi des remises à niveau au français et en math. Banal? Pas vraiment parce que les émissions produites par nos journaleux en herbe font carrément l'objet d'un baptême du feu télévisuel. Télésambre, la chaîne régionale de Charleroi s'est en effet associée au projet; elle apporte les moyens techniques et humains professionnels et diffuse les émissions de Téléquartier tous les mois. Avec son approche naturaliste de la vie d'un quartier: reportages donnant la parole aux gens, examen des grands problèmes et des petites fêtes, Téléquartier s'est trouvé une audience qui n'a rien de négligeable puisqu'elle est créditée dans les sondages de 65.000 téléspectateurs plus ou moins fidèles.

La quatrième saison est lancée, elle ira à la rencontre des gens à Charleroi mais aussi en périphérie. Le débat qui clôturait l'émission, trop onéreux, a été remplacé par un autre projet. «J» arrive avait en effet depuis deux saisons, lancé une deuxième émission, L'After , consacrée au monde de l'école, avec des caméras toujours tenues par des jeunes qui s'infiltraient dans ce monde clos mais en perpétuelle mutation. L'After va faire un petit, L'after Bis, qui prendra la place laissée vacante par le débat et qui a pour ambition de traiter des sujets réputés graves mais en prise directe sur la réalité. La sexualité chez les jeunes, la contraception, la violence, la drogue, les rapports familiaux, le suicide... L'objectif est de parler de ces sujets sans tabous, ni fausse pudeur, en donnant la parole à Monsieur Tout-le-monde, en privilégiant le parler simple et vrai, du débat en classe à la conversation au café, en faisant quand même appel à des spécialistes pour baliser les problèmes, confie Benoît Delbèque qui sait que cette émission, pensée et présentée par des ados, risque parfois, par sa liberté de ton, de susciter des réactions pas toujours très amènes.

FRANCO MEGGETTO