Un vendredi contre la crise

MAC KAY,PHILIPPE

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Mardi 6 octobre 2009

Charleroi Première manifestation dans la rue depuis quatre ans

Charleroi n’en avait plus vécu depuis octobre 2005 : le front commun en appelle à une manifestation de sensibilisation, vendredi prochain. Le thème : « Payer la crise deux fois ? Non ! »

Dans la tradition du genre, le cortège ira de la place Buisset à la place du Manège, avant les discours. Dans le même temps, Bruxelles vivra également sa manifestation, avec le même leitmotiv. Antonio Di Santo, le président de la FGTB Métal Hainaut-Namur, s’est expliqué de cet apparent double emploi, par une formule bien sentie : « Charleroi a toujours été un aiguillon. »

Il est vrai aussi, comme l’a expliqué le leader syndical après sa collègue de la CSC Chantal Doffiny, que la région souffre plus que d’autres de la crise sociale qui succède à la crise économique, elle-même issue de la crise financière née il y a un an. Les exemples ne manquent pas, hélas. L’aéronautique, avec l’annonce de 440 emplois appelés à disparaître à la Sonaca ; les neuf cents postes de CDD ou d’intérimaires supprimés chez Caterpillar ; Carsid, à l’arrêt depuis novembre dernier et qui, de report en report, ne devrait reprendre, peut-être, qu’en mars prochain, sont autant de signes évidents du mal-être social carolo. Cela, sans compter les secteurs comme le verre, avec les derniers soubresauts en date chez AGC Automotive, l’imprimerie, ou les Entreprises de Travail adapté, obligées au chômage économique. Seuls les secteurs de la chimie et de l’alimentation échappent à la crise, mais pour combien de temps, s’interrogent les syndicats.

Enfin, d’une manière plus globale, les chiffres sont tout aussi implacables, qui font état d’un chômage économique passé de 8 à 16.000 unités entre juin 2008 et juin 2009, dans la région Charleroi-Thuin.

Face à cela, le front commun veut faire entendre vendredi son refus de voir une fois encore les travailleurs payer la crise, dit-il. Et si Charleroi doublonne avec Bruxelles, c’est que l’inquiétude y est plus grande qu’ailleurs. Ce qui amène les leaders syndicaux à revendiquer une politique budgétaire sociale, au moment où le budget de l’Etat, lui, se place sous le signe de l’austérité. Pour la CSC, cela entend une redistribution basée sur la solidarité. La FGTB, elle, rappelle que la réduction des charges des entreprises s’est élevée à 7 milliards, et qu’en consacrer 25 % à une banque carrefour permettrait l’engagement de jeunes. C’est dire si les motifs de crainte et de mécontentement ne manqueront pas, slogans et banderoles à l’appui, vendredi, entre Ville-Basse et Ville-Haute, à Charleroi.