Les policiers de la zone boraine sont inquiets

WIDART,CLAUDE

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Mardi 29 mai 2012

Colfontaine

ENTRETIEN

Depuis que l’usine Bell Telephone a fermé ses portes (en 1997) à Wasmes (Colfontaine), 72 anciens travailleurs ont été frappés par le cancer. Et 38 en sont morts. Or un rapport de Vinçotte confirme la présence d’amiante dans ce bâtiment. Est-ce la cause de tous ces décès ? Personne ne peut l’affirmer jusqu’à présent. Christian Willocq, ancien policier à la zone boraine, est délégué syndical pour le Syndicat libre de la fonction publique. Il a suivi de près le dossier portant sur l’installation du nouvel hôtel de police de la zone boraine dans l’ancien bâtiment de Bell Telephone, à Wasmes, prévue en 2013.

Sur quels éléments de ce dossier êtes-vous inquiet ?

D’abord il nous a fallu un certain temps pour pouvoir prendre connaissance du rapport Vinçotte, que la direction de la zone de police ne voulait pas nous donner. Nous avons ensuite constaté que ce rapport confirmait la présence d’amiante dans le bâtiment. Or, fin 2010 et durant une bonne partie de 2011, des entraînements pour le personnel de la zone boraine étaient organisés dans ces bâtiments. Nos policiers ont donc probablement, je dis bien probablement, été en contact avec de l’amiante.

Vos propos sont inquiétants…

Je ne veux pas être alarmiste mais nous voulons rester vigilants. On voudrait constituer un dossier médical c’est-à-dire créer un répertoire nominatif des gens qui se sont entraînés à l’époque dans ce bâtiment.

D’autres démarches à venir ?

Oui car nous sommes également inquiets quant à l’occupation des futurs locaux. Nous souhaitons obtenir des renseignements complets sur le désamiantage. C’est pourquoi nous avons sollicité une réunion en urgence avec le collège de police.

Que dit l’inspection du travail ?

Voici un mois environ, le SLFP Police a déposé une plainte contre la zone de la police boraine auprès de l’inspection du travail à Mons. Nous n’avons reçu aucune nouvelle depuis.