Colfontaine privée de son bourgmestre

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Vendredi 19 octobre 2007

Communes Démissionné par le PS

Le bourgmestre de Colfontaine a-t-il faussé l’attribution de marchés publics de promotion sur le territoire de sa commune ? Les démentis apportés par l’intéressé n’ont pas suffi. Son parti, le PS, lui demande de démissionner. Dix-sept des dix-neuf élus socialistes (sur un total de 27 conseillers) de l’entité boraine ont voté la rupture de confiance avec leur bourgmestre Patrick Piérart. Et jeudi, le bureau de la fédération PS de Mons-Borinage soutenait la démarche, invitant, par la voix de son président Didier Donfut, M. Piérart à démissionner. Ce dernier a annoncé hier qu’il « ne ferait pas obstacle » et qu’il se retirerait à la fois pour que sa commune recouvre la sérénité et pour pouvoir se défendre, avec l’espoir de revenir une fois blanchi. Le PS avait annoncé qu’il utiliserait la motion de méfiance individuelle si le bourgmestre s’accrochait.

« Un coup monté »

« Tuyautés » par des hauts fonctionnaires colfontainois depuis le début 2007, les instances du PS tenaient à l’œil Patrick Piérart. On lui reproche sa méthode de travail et ses comportements qualifiés de « trop dynamiques ». La justice montoise sera saisie d’un dossier par ces fonctionnaires. Des pièces de la comptabilité de l’USC colfontainoise ont aussi été saisies par la fédération PS et seront transmises au parquet dans un dossier annexe qui porte, entre autres, sur des frais exposés par le bourgmestre. Celui-ci clame son innocence et s’étonne de ne pas avoir eu l’occasion de s’exprimer devant son parti.

Toute cette affaire a éclaté suite à l’évocation d’un projet de lotissement pour lequel la commune avait cédé un terrain à 5,89 euros du m2 à un promoteur lors d’un appel d’offres. Patrick Piérart avait justifié ce prix dérisoire par le manque d’intérêt affiché par les investisseurs pour sa commune (classée parmi les plus pauvres de Belgique) et par les frais d’équipements élevés (voirie, impétrants…) à charge du promoteur. D’autres dossiers d’attribution étaient remontés à la surface dans lesquels un même intermédiaire, ami de 35 ans du bourgmestre, revenait.

Hier, Patrick Piérart s’étonnait de devoir s’expliquer sur des accusations dont il n’a pas connaissance et sur le fait que son parti, qui rappelait la présomption d’innocence, ne l’ait même pas invité à s’expliquer. Le bourgmestre évincé se dit victime d’« un coup monté », échafaudé par des fonctionnaires qu’il dérange.