Colfontaine Reprise de MCMS.? Lueur d'espoir pour 120 travailleurs

SAINTGHISLAIN,VALERY

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Mercredi 15 mai 2002

Colfontaine Reprise de MCMS ?

Lueur d'espoir pour 120 travailleurs

VALÉRY SAINTGHISLAIN

On avait failli oublier MCMS Belgium SPRL et les 120 travailleurs que cette entreprise colfontainoise occupe. Et voilà qu'un accord de reprise inespéré replace dans l'actualité cette société active dans la production de circuits électroniques imprimés et confrontée depuis de longs mois à de graves difficultés financières. L'offre surprise émane de la SA Punch International, groupe américain fondé en 1982 qui pèse 110 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie plus de 2.300 personnes dans ses treize unités de productions réparties dans huit pays et possède un siège à Sint-Martens-Latem en Belgique.

L'offre a été soumise le 6 mai dernier sous la forme d'un plan de relance au tribunal de commerce de Mons, cette même instance qui avait placé MCMS sous concordat le 11 septembre 2001 ! L'entreprise colfontainoise était alors au plus mal. Rachetée quatre ans plus tôt par MCMS, l'ex usine Alcatel-Bell avait fait l'erreur stratégique de concentrer ses efforts sur la production de modems ADSL. Le concordat, accordé pour six mois puis prolongé jusqu'au 11 juin, n'avait pas permis de dégager l'horizon du personnel, soumis à un chômage technique endémique: une semaine sur dix seulement de boulot !

L'accord de reprise déposé par Punch International, qui s'était manifestée dans les premiers temps du concordat, intervient comme un coup de théâtre. Dans un communiqué, le repreneur potentiel précise son intérêt en faisant clairement référence aux possibilités de subsides européens qui découleraient d'une implantation en terres boraines. D'un point de vue stratégique, Punch annonce vouloir concentrer ses activités sur l'électronique destinée à l'Europe occidentale et opérer avec le personnel le revirement qui s'impose à Colfontaine.

Pour se matérialiser, l'offre doit cependant encore recevoir le feu vert de l'assemblée des créanciers le 30 mai avant d'obtenir le blanc-seing définitif du tribunal de commerce. Les syndicats se gardent en tout cas de tout optimisme béat. Nous ne sommes pas en possession de suffisamment d'éléments pour pouvoir déterminer s'il s'agit d'un véritable plan de reprise ou d'une stratégie fiscale, estime Joseph Consiglio, permanent CNE. ·