COMME LE PREMIER, CE NOUVEAU TIR PROVOQUE UNE VAGUE D'INDIGNATION, DEUXIEME ESSAI NUCLEAIRE FRANCAIS EN POLYNESIE

AFP

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Lundi 2 octobre 1995

Comme le premier, ce nouveau tir provoque une vague d'indignation

Deuxième essai nucléaire français en Polynésie

La France a procédé la nuit dernière, sur l'atoll de Fangataufa, dans le Pacifique Sud, au deuxième tir de son «ultime série» d'essais nucléaires, provoquant à nouveau la colère des pays de la région.

L'énergie dégagée a été inférieure à 110 kilotonnes, ce qui indique une puissance beaucoup plus forte que celle du premier essai, effectué le 5 septembre à Mururoa, qui avait une puissance inférieure à 20 kilotonnes.

Cet essai était destiné à garantir dans le futur la sécurité et la fiabilité des armes, a indiqué le service de presse de l'armée française, sans autre précision.

La puissance développée, qui s'approche des 150 kilotonnes de la tête nucléaire TN-75 devant équiper les missiles des sous-marins nucléaires stratégiques, donne à penser que cet essai avait pour but de valider cette arme, l'un des objectifs de ces essais, avait annoncé le président Chirac.

Le premier essai était destiné à préparer la simulation en laboratoire, qui doit permettre à la France de se passer des essais en grandeur réelle à la fin de cette série de six ou sept tirs, avant le 31 mai prochain.

L'annonce de ce deuxième tir a été immédiatement condamnée par les pays de la région, comme pour le premier tir.

Le Premier ministre de Nouvelle-Zélande, Jim Bolger, a affirmé que la France avait fait un pied de nez à l'opinion mondiale et a exprimé un sentiment de profonde frustration. Son collègue australien, Paul Keating, a déploré ce deuxième essai français qui ne tient pas compte de l'indignation compréhensible de la communauté internationale.

Le syndicat australien des transports a annoncé un boycottage à partir de lundi minuit des avions d'Air France, à l'escale de Sydney. Le boycottage portera sur le ravitaillement en carburant et, peut-être, la manutention des bagages ou le remorquage des avions.

Le Premier ministre japonais Tomiichi Muryama a, de son côté, jugé ce tir extrêmement regrettable.

Les États-Unis ont également regretté ce deuxième tir et demandé à la France de s'abstenir de nouveaux tests. Nous continuons d'exhorter toutes les puissances nucléaires, y compris la France, à s'abstenir de mener d'autres tests nucléaires et de se joindre à un moratoire global sur les essais, a déclaré la Maison-Blanche.

Quant à Greenpeace, elle a dénoncé immédiatement l'essai comme un énorme affront pour les peuples du Pacifique.

Le deuxième tir nucléaire a pris la Polynésie française par surprise, et l'incrédulité était de mise dimanche à Papeete. La réaction la plus fréquente était le doute: Ce n'est pas possible, pas aujourd'hui. L'Église évangélique a estimé qu'il était très méprisant de la part des autorités d'avoir choisi le dimanche, un jour à part, pour réaliser ce deuxième essai nucléaire, et a lancé un appel au calme. (AFP.)

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