COMMENT FAIRE LE MALIN EN SOCIÉTÉ CE SAMEDI SOIR

METDEPENNINGEN,MARC; KUCZKIEWICZ,JUREK

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Samedi 9 juin 2012

Elio Di Rupo découvre l’opposition

Les faits. Pour ses six mois de gouvernement, le Premier ministre Di Rupo a accordé un entretien à quatre journaux, dont Le Soir. Tonalité générale : grande satisfaction quant au travail déjà réalisé par son gouvernement, et grand mécontentement quant au « défaitisme ambiant ». Il en attribue la responsabilité à tous ceux qui (le) critiquent et ne sont jamais contents. Tacitement visés : syndicats, médias et opposition.

Une opinion, vite fait. Elio Di Rupo, qui a connu à peu près tous les postes à responsabilités possibles du système politique belge, fait la même découverte que tous les Premiers ministres du monde : c’est quand on est au sommet, qu’on encaisse le plus de critiques. Surtout de la part de ceux dont c’est le métier. Imaginerait-on un système où l’opposition flatte le gouvernement, où les syndicats applaudissent à la réduction des dépenses sociales, et où la presse ferme les yeux sur les petites ou grandes dérives du pouvoir ?

Le détail qui tue. La presse n’a quand même pas tout faux aux yeux d’Elio Di Rupo. A l’appui de ses argumentations lors de l’interview, il a sorti un dessin de Kroll de 2005 sur BHV, et une « une » du Soir de septembre 2010. Et l’une de ses réponses suivait fidèlement un raisonnement développé le matin-même dans l’éditorial de notre journal. Fâché, mais pas ingrat.

Glenn Audenaert, au cœur d’un « Dallas » à la police fédérale Les faits. Un juge d’instruction de Termonde

Glenn Audenaert, au cœur d’un « Dallas » à la police fédérale

Les faits. Un juge d’instruction de Termonde a fait procéder au domicile du directeur de la police judiciaire de Bruxelles et dans ses bureaux à des perquisitions. Son téléphone aurait été mis sur écoute et sa maison placée sous surveillance vidéo. En toile de fond : le soupçon que le patron de la PJ bruxelloise (la plus grosse brigade du pays avec ses 600 membres) aurait puisé dans les bases de données de la police des informations utiles à l’un de ses amis, importateur de fruits et légumes. Des versements suspects auraient été repérés sur ses comptes.

Une opinion vite fait. Le superflic sur écoute ? Dans son entourage, on s’interroge. Et on ne peut croire que si Audenaert avait été mouillé dans des affaires louches (ce qui est très loin d’être établi), il aurait, l’ancien as de la brigade financière, utilisé ses comptes en clair pour se faire verser de l’argent sale.

Le détail qui tue. Il habite à Knokke. Il aime briller en société sous ses cheveux gominés. C’est un flic « bling-bling », mais efficace. Sa brigade bruxelloise est l’une des plus performantes du pays. Il avait postulé, sans succès, pour devenir Commissaire général de la police fédérale. Règlements de comptes ? Pourquoi pas. Au sommet de la hiérarchie de la police, on ne compte plus les intrigues. Un vrai « Dallas », un monde impitoyable. M.M.

Béatrice Delvaux, femme de pouvoir en Flandre Les faits. Nina, le supplément féminin du quotidien Het

Béatrice Delvaux, femme

de pouvoir en Flandre

Les faits. Nina, le supplément féminin du quotidien Het Laatste Nieuws, premier tirage du pays, a publié un classement des 100 femmes les plus puissantes de Belgique, établi selon les réponses de 268 femmes influentes. Les trois premières, sans surprise : Laurette Onkelinx, vice-première ministre (PS), Annemie Turtelboom, ministre de la Justice (VLD), et Joëlle Milquet, vice-première et ministre de l’Intérieur (CDH). La deuxième francophone les suivant apparaît à la huitième place : c’est Béatrice Delvaux, dont Nina indique qu’elle est « crainte, louée et raillée ».

Une opinion, vite fait. Notre éditorialiste en chef, deuxième femme francophone la plus puissante après les deux vice-premières francophones ? Soyons honnêtes : c’est sans doute attribuer un pouvoir légèrement exagéré au… quatrième pouvoir. Mais les francophones apprendront à cette occasion que l’opinion de Béatrice Delvaux est l’une de celles qui comptent en Flandre. Etonnamment encore : la première journaliste flamande dans le classement, Phara De Aguirre, n’apparaît qu’à la vingtième place.

Le détail qui tue. A la rédaction du Soir, des collègues ont commencé à doucement chambrer notre éditorialiste en chef, rebaptisée « nummer acht ».