COMMERCE Réduire l'écart entre le Nord et le Sud

REGNIER,PHILIPPE

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Mardi 9 septembre 2003

COMMERCE

Réduire l'écart entre le Nord et le Sud

Dès demain et jusqu'au 14 septembre, 146 ministres se réunissent au Mexique pour discuter du commerce entre les pays et des inégalités entre le Nord et le Sud.

C'est à Cancún, dans le sud du Mexique, que se réunissent à partir de ce mercredi les ministres des 146 pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dont Louis Michel, le ministre belge des Affaires étrangères, et Fientje Moerman, la nouvelle ministre de l'Economie.

De quoi vont-ils parler ? De commerce ! Ils cherchent depuis leur dernière réunion, en novembre 2001, à s'entendre sur la manière de faciliter le commerce international. C'est-à-dire la vente, ou l'achat, par un pays à un autre, d'une marchandise ou d'un service (banque, voyages, téléphone, etc.). Comment faciliter ces échanges à l'échelle du monde ? Le moyen le plus simple est de diminuer les taxes qu'il faut payer aux douanes, à la frontière, lorsqu'on fait entrer un produit. On peut aussi éviter de remplir des dizaines de formulaires administratifs. Les ministres tentent aussi d'adopter des règles identiques pour tous.

Au Congo comme au Tibet

Cela fait plus de 50 ans que les pays discutent ensemble pour faciliter le commerce. Il a énormément augmenté, ces dernières années, en grande partie grâce aux moyens de transport modernes et aux nouveaux outils de communication comme l'internet, qui permet de mettre plus facilement en contact un vendeur avec un acheteur. Et les grandes entreprises ont des usines partout dans le monde. Désormais, il n'y a plus une région de la planète qui soit isolée des autres ; toutes dépendent l'une de l'autre. C'est ce qu'on appelle souvent la mondialisation : on boit du coca en Belgique mais aussi au Tibet, en Bolivie ou au Congo !

Si les ministres veulent donner un coup de pouce au commerce, c'est parce que ces échanges ont été accompagnés, depuis la fin de la guerre 1940-1945, par une croissance économique. Cela améliore le bien-être de la population et crée des emplois.

Pas d'accord

Mais la mondialisation est aussi caractérisée par un autre phénomène, beaucoup moins réjouissant : les pays riches, comme la Belgique, sont devenus plus riches et les pauvres sont devenus plus pauvres ! L'OMC le reconnaît et a décidé de chercher des moyens d'aider les pays du Sud. Cela demandera des sacrifices de la part des pays riches et, jusqu'ici, ils n'ont pas encore réussi à se mettre d'accord.

Mais beaucoup de gens n'y croient pas. Ils estiment que les riches ne sont pas réellement prêts à faire des efforts. Ce sont les « altermondialistes » : ils veulent une autre mondialisation, qui serait juste pour tous. Ils critiquent beaucoup l'OMC. Ils viendront le dire à Cancún. Demain, une manifestation de petits paysans est déjà prévue.

Philippe Regnier