CONSIGNE : L'ECOUTE

QUITTELIER,VINCENT

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Mardi 14 janvier 1997

Consigne : l'écoute

Nous vous le disions vendredi, un conseil artistique (les quatre coaches et un des trois arbitres de la LIB) détermine les objectifs prioritaires de la saison puis veille à ce qu'ils soient atteints. Avant chaque match, par exemple, l'arbitre de service communique aux jouteurs un point du règlement qu'il sera particulièrement attentif à faire respecter. Un règlement qui vise à garantir l'essence de l'impro et la qualité du spectacle. Cette saison, dans le fil de cette dynamique, nous rencontrerons, après chaque match, un de ses acteurs pour lui demander quelle était la consigne, quel est son intérêt et en quoi elle a été respectée ou non. Histoire d'aider ceux qui ignorent tout de l'impro - voire ceux qui croient la connaître - à découvrir le travail qui se cache derrière le divertissement...

Interlocuteur. Caroline Von Bibikow, l'arbitre du match.

Consigne. L'écoute. Dans un spectacle comme l'impro, explique Caroline, sans texte, sans décor, sans costume, et avec deux équipes qui doivent jouer ensemble, c'est l'écoute qui va permettre de faire croire à un texte cohérent, à un décor qu'on visualise et à des personnages qui existent. Bref, une impro construite.

Intérêt. Pendant quatre mois, les équipes se sont entraînées chacune de leur côté, sans jamais se rencontrer. Au premier match, chacune aurait pu avoir tendance à rester dans son univers, ou à avoir peur de l'autre. Cette consigne me semblait donc propice à favoriser l'ouverture, la communion entre les deux équipes.

Respect. L'écoute a été bonne. Seulement, l'idée de départ a généralement été acceptée par les deux équipes, et elles y sont resté attachées, au lieu de lancer ou de saisir une nouvelle idée pour construire l'impro. Les équipes n'ont pas toujours su se servir de l'idée initiale comme d'un prétexte narratif. Et l'écoute n'a pas suffisamment servi de trampoline pour aller plus loin.

Dimanche, par trois fois, des jouteurs ont, d'entrée de jeu, cité purement et simplement le titre de l'impro. Caroline estime-t-elle que cette façon d'aborder le thème est un frein à la construction ? Il y a trois manières d'aborder le thème, estime-t-elle : d'emblée, en s'en inspirant ou en y faisant aboutir l'impro (ce qui implique une bonne gestion du temps imparti). Je ne crois pas qu'il y ait une bonne ou une mauvaise façon, du moment qu'ensuite, on puisse raconter une histoire. Mais dimanche, on s'est parfois trop vite satisfait de la manière dont on avait abordé l'impro.

V. Q.