COUTURE:COURREGES REPASSE SOUS CONTROLE FRANCAIS

n.c.

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Jeudi 8 février 1990

Couture: Courrèges

repasse sous

contrôle français

La célèbre maison de couture André Courrèges, dont le fondateur se disputait depuis deux ans avec ses actionnaires japonais, vient de repasser sous contrôle français: un groupe composé de la compagnie d'investissements Astorg, de l'Institut de Développement Industriel et de deux particuliers vient d'en prendre le contrôle. Ce groupe d'investisseurs français a repris 50,02 % du capital de Courrèges SA au japonais Itokin qui doit encore lui céder 24 % du capital. Le reste (25 % environ) de celui-ci est aux mains de M. et Mme Courrèges qui créèrent la maison en 1966. Le rôle de M. Courrèges est en cours de discussion avec l'intéressé.

Les deux investisseurs privés sont le financier Fernand Brambilla et M. Jacques Petit, qui a participé au redressement de plusieurs sociétés du secteur et notamment Kenzo. Selon Astorg, M. Petit a d'ores et déjà élaboré des «projets de développement» pour Courrèges.

Le différend qui opposait le créateur à ses actionnaires japonais, maîtres de la maison depuis 1983, datait de près de cinq ans. En 1985, André Courrèges avait refusé de présenter des collections haute-couture, affirmant que le groupe japonais de prêt-à-porter Itokin lui avait coupé les vivres, ne lui laissant pas les moyens financiers de créer.

Faute d'avoir satisfait à la sacro-sainte règle des défilés durant plusieurs saisons, l'inventeur français de la mini-jupe, aujourd'hui âgé de 66 ans, avait fini par être exclu de la Chambre Syndicale de la Haute-Couture en janvier 1986. Les malheurs de la maison ne faisaient que commencer, les déficits s'accumulant.