CSC et FGTB wallonnes refusent l’austérité, chacun à sa manière

LORENT,PASCAL

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Samedi 17 septembre 2011

Sans s’être concertées, et chacune dans son coin, la FGTB et la CSC ont profité des Fêtes de Wallonie pour s’exprimer. Trait commun à leurs deux discours : le refus d’une austérité qui frapperait la population et freinerait la politique du gouvernement de Rudy Demotte (PS).

Pour Marc Becker (CSC), les entités fédérées peuvent contribuer à l’effort budgétaire souhaité par le fédéral sans renoncer pour autant aux politiques qu’elles mènent. En Wallonie, le secrétaire national de la CSC plaide pour la poursuite du Plan Marshall 2.Vert. Il faut donc, selon lui, trouver ailleurs l’enveloppe (de 300 à 550 millions) nécessaire au retour à l’équilibre budgétaire. Pour y parvenir, la CSC met en avant trois pistes qui doivent mener à des recettes nouvelles : une fiscalité verte (une taxation au km parcouru pour les camions étrangers pourrait rapporter quelque 200 millions), une meilleure perception du précompte immobilier profiterait aux pouvoirs locaux (et indirectement à la Région) et la fin de la réduction de cotisation sociale pour l’activation des allocations de chômage. Par ailleurs, concède Marc Becker, la Région doit aussi rationaliser certains outils publics pour tendre vers plus d’efficacité. Par exemple, unifier les TEC wallons en un seul opérateur ou réunir en une seule enseigne les opérateurs de la formation professionnelle. « Le meilleur moyen de défendre les services publics, c’est de mettre en avant leurs dysfonctionnements et de les régler », conclut-il.

La FGTB wallonne, elle, lorgne vers un tout autre horizon pour éviter l’austérité. Pour Thierry Bodson, son secrétaire général, « il faut un vrai débat sur la fiscalité des riches ». Quant à la dette publique belge, son remboursement ne doit pas être considéré comme acquis. « Il faut voir qui la détient aujourd’hui », estime-t-il. Dès lors, il demande un cadastre des détenteurs de la dette. Et s’il s’avère qu’elle est dans les mains d’organismes qui ont profité de la crise financière, la FGTB demande la suspension des remboursements et la remise en question de cette dette.

Mais « la crise résulte aussi d’une répartition injuste des richesses », insiste le syndicaliste socialiste. Qui plaide pour augmenter les tranches d’imposition, afin d’accroître la progressivité de l’impôt (à 55 % pour les revenus de plus de 8.000 euros par mois et à 65 % pour ceux de plus de 14.000 euros par mois). Et il insiste : il faut élargir l’IPP aux revenus mobiliers et immobiliers. Dernier point : imposer un salaire maximum limité à vingt fois le salaire minimum intersectoriel (1.500 euros). Par contre, la FGTB wallonne refuse qu’on suspende l’Index pour les plus hauts revenus. « L’Index, c’est un droit ; pas un outil pour réguler les tensions salariales. »

Sur le volet institutionnel, la FGTB met en garde : il faut des transferts cohérents de compétences et pas question d’accepter une réforme de la loi de financement qui appauvrirait les travailleurs. « Il y a un ras-le-bol des gens, prévient Thierry Bodson. La marmite est en train de bouillir et, si on n’y prend garde, elle pourrait exploser. »