Curiera bien qui Curiera le dernier

LEPRINCE,PATRICE

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Mardi 27 mars 2012

Curiera bien qui Curiera le dernier

La semaine dernière, le conseil communal d’Ixelles adoptait une motion déposée par Anne Delvaux (PS) et le MR Gautier Calomne (Le Soir du 22 mars). Objectif : modifier le nom d’une artère. Ou plutôt le compléter, l’avenue Pierre Curie devenant Pierre et Marie Curie. « C’est ensemble qu’ils reçurent le Prix Nobel de Physique en 1903 (…). Après cette reconnaissance partagée avec son époux, c’est seule que Marie Curie s’est vu décerner en 1911 le Prix Nobel de Chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium », ont notamment souligné les auteurs de la motion. Une sortie tellement légitime, donc, qu’on se demande pourquoi personne n’y a pensé plus tôt.

Ce qui est en fait le cas, rappelle Yves Rouyet, le chef de groupe des Verts à Ixelles. Une motion identique a ainsi été votée sous l’impulsion de Pierre Van Nieuwenhove, conseiller Écolo. C’était en… 1998. Le bourgmestre de l’époque (le libéral Yves de Jonghe d’Ardoye) promit d’organiser un référendum parmi les administrés. C’est que le changement de nom n’est pas forcément dénué d’impact pour les habitants : cartes de visite et papier à lettres à changer sans oublier le renouvellement des documents d’identité.

Quatorze ans plus tard, on ne semble pas vraiment plus avancé. « Afin de ne pas engendrer trop de désagréments pour les riverains de l’avenue, il a été proposé de laisser une période transitoire pour effectuer ce changement ainsi que d’engager une large consultation des habitants à ce sujet », communiquent ainsi les deux auteurs de la dernière motion en date.

Retour à la case départ. Et les Verts de revenir à la charge avec une autre proposition, formulée celle-là en 2004 : utiliser le rond-point qui jouxte l’avenue Pierre Curie. En le transformant en une « place Marie Curie ». « Et comme personne n’a d’adresse à cet endroit, il n’y aurait aucune complication administrative », soulignent les Verts.

Reste une question : combien de temps encore Marie restera-t-elle à la rue ?

PATRICE LEPRINCE