D’Antonio à la succession

MARECHAL,GISELE

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Lundi 22 octobre 2007

Colfontaine Réunion tendue du comité de l’USC

Déçue de ne pas décrocher un poste d’échevine, la conseillère PS Francesca Italiano va démissionner.

Patrick Piérart ayant démissionné de son poste de bourgmestre de Colfontaine vendredi, c’est sans surprise, et en fonction du décret sur la démocratie locale, que Lucien D’Antonio, désormais champion des voix au PS, lui succédera dès ce lundi soir, au conseil communal. Réunis ce dimanche à la maison du peuple de Petit-Wasmes, le comité de l’USC et les élus du groupe PS du conseil communal ont salué cette perspective, en présence de Didier Donfut et Daniel Dorsimont, respectivement président et secrétaire de la fédération Mons-Borinage du PS. « Lucien D’Antonio devrait assumer son nouveau rôle jusqu’en 2012 », a indiqué Didier Donfut au sortir de la réunion.

Réduit de 7 à 6 membres, le collège doit désigner un nouvel échevin au sein du groupe PS. « Les conseillers communaux socialistes peuvent déposer leur candidature. Le nouvel entrant au collège sera ensuite choisi démocratiquement, par un poll des affiliés de l’USC, dans le mois », a expliqué Didier Donfut. Ce poste ne reviendra donc pas automatiquement à Francesca Italiano, l’échevine des finances évincée par Patrick Piérart à la précédente législature, et qui fut plébiscitée en octobre 2006 par 815 électeurs (le quatrième score de la liste PS). La conseillère communale affirme être « clairement candidate échevine ». Mais ajoute, déçue et affectée : « Je me sens lâchée par un parti qui ne veut pas de moi, en dépit de ce que mon score d’octobre 2006 est le double de 2000. Il était normal que je sois échevine ce jour puisqu’un poste se libère. Je quitte donc le groupe PS de Colfontaine, pour siéger dorénavant comme indépendante au conseil communal. » Pour Daniel Dorsimont, « cette décision est incompréhensible puisque Francesca Italiano a toutes ses chances ». Cette décision devra être actée lors du conseil communal de ce soir. Tandis que Patrick Piérart, « désavoué en tant que bourgmestre mais pas comme conseiller » selon

Daniel Dorsimont, restera conseiller communal PS. Pour Didier Donfut, c’est désormais à la justice de mener son enquête et d’établir la vérité dans le « dossier Piérart ». Et si l’ex-bourgmestre sortait blanchi, « il redécrocherait la confiance en fonction d’un mea culpa de certains comportements, a indiqué le président de la fédération Mons-Borinage. M. Piérart avait pris un pouvoir excessif en 2005. Et le collège a le mérite d’avoir bloqué certaines décisions ».

Piérart ne faisait plus l’unanimité

Les langues se délient en termes peu flatteurs envers un homme qui avait apparemment endossé trop de pouvoir. Du côté d’ex-collègues échevins, on estime qu’il « s’est trop investi. Il a pris trop de responsabilités, jusqu’à supprimer, voilà un an déjà, la délégation de signature aux échevins. » Peut-être l’homme, contesté lors du poll, a-t-il voulu prendre sa revanche, une fois conforté du score record de 1.948 voix ? « Mais ensuite, était-ce une raison pour répondre avec suffisance aux questions légitimes, de l’opposition ? » Entre M. Piérart et son équipe, « le doute s’est instauré dans de nombreux domaines. La confiance s’est rompue. »

Patrick Piérart ne faisait décidément plus l’unanimité au sein de son parti. La semaine dernière, il avait accusé Nicolas Dubois, ancien élu PS de Colfontaine, d’avoir « mis la pression » sur lui. L’accusé a souhaité faire une mise au point ce week-end : « je n’ai fait que prévenir Patrick Piérart qu’il courait à sa perte, explique-t-il. Du reste, j’en ai assez d’être cité comme personnage influent, machiavélique. Oui, j’ai fait de la publicité auprès d’un promoteur (M. Colart, NDLR) pour un marché de promotion, rue des Brasseries. Justement : j’ai brisé le quasi-monopole qui régnait dans les marchés publics de promotion à Colfontaine, en y attirant des investisseurs. » Nicolas Dubois a demandé à être entendu par le parquet pour transmettre des informations en sa possession, a-t-il ajouté.