D’Onofrio est chez lui au Kuipje

PAIROUX,ETIENNE

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Lundi 27 septembre 2010

Et si le Standard, version Dominique D’Onofrio, jouait tous ses matchs à domicile au Kuipje ? Question saugrenue évidemment. Pourtant, le coach principautaire s’y sent à l’aise. Avant le match, en toute décontraction, il a siroté un café dans la salle de presse en compagnie de Jan Ceulemans. Une image insolite dans le football moderne qui a même étonné Sergio Conceiçao, le Portugais ayant ouvert de grands yeux en découvrant la scène. Mais c’est essentiellement au niveau sportif que la question mérite d’être posée. En tant qu’entraîneur des Rouches, D’Onofrio s’est déplacé à Westerlo cinq fois en championnat pour autant de succès : 2-3 en 2003, 2-4 en 2004, 1-3 en 2005, 0-2 en 2006 et 1-2 ce samedi ! Joli bilan pour un déplacement qui n’est pas réputé être aisé.

Mais la satisfaction du coach principautaire ne s’arrête pas là. Avant d’accueillir Anderlecht, dimanche, son équipe vient de signer un 12 sur 15 d’autant plus appréciable qu’il a été acquis sans être brillant. Ce fut le cas, une fois de plus, à Westerlo, où la première période liégeoise a été riche en déchets avant une meilleure seconde mi-temps.

Face à une équipe campinoise pratiquant un meilleur football que son adversaire, le Standard a pu compter sur ses individualités pour faire la différence. Defour a été omniprésent cachant la nouvelle prestation invisible de Witsel. Bolat a retrouvé la forme en sortant deux ballons chauds de Chavez, le premier ayant d’ailleurs pu porter Westerlo au commandement. Hélas pour lui, sa prestation a été ternie par une nouvelle sortie ratée sur le but d’Henrique. Mais c’est offensivement que la plus belle satisfaction est à rechercher. D’Onofrio avait préféré Cyriac à Nong et ce fut un choix payant, l’Ivoirien inscrivant les deux buts. Il ne faudrait pas non plus oublier la prestation de Tchité qui, pour le même prix, aurait pu quitter Westerlo avec un but (quelle occasion ratée après 28 secondes de jeu !) et deux assists (pour un loupé de Carcela et pour le deuxième but de Cyriac).

Mais, collectivement, le Standard s’est une fois de plus fait peur en fin de match. Comme face à Charleroi. Et comme à Malines ou face aux Zèbres, il a pris un but sur phase arrêtée. Les trois buts encaissés par le Standard en ce mois de septembre l’ont en effet été sur deux coups francs et un coup de coin. Inquiétant avant la venue d’Anderlecht qui, lui, précisément, a des arguments à faire valoir sur ce genre d’actions.

Comme on le voit, il y a encore du pain sur la planche avant ce mois d’octobre de tous les dangers. Avec cette différence toutefois : en jouant mal, le Standard engrange des points. C’est déjà ça de pris, doit-on se dire dans le vestiaire du club liégeois.

Westerlo

1

Standard

2

LE MATCH

WESTERLO - STANDARD 1-2

Westerlo. De Winter, Vanaudenaerde, Mravac, Corstjens, Delen, De Petter, Iakovenko, Farssi (64e : Henrique), Brüls, Van Heerden (78e : Molenberghs), Chavez (78e : Dekelver). Entraîneur : Ceulemans.

Standard. Bolat, Opare, Victor Ramos, Ciman, Pocognoli, Goreux, Witsel (90e), Defour, Carcela (90e : Dibi), Cyriac (82e : Leye), Tchité. Entraîneur : D’Onofrio.

Arbitre. Wouters.

Assistance. 8.000 spectateurs.

Buts. 44e : Cyriac (0-1), 70e : Cyriac (0-2), 82e : Henrique (1-2).

Cartes jaunes. Pocognoli, Victor Ramos.

Carte rouge. Goreux (2 j., 87e)

Cyriac : « La récompense de deux ans de travail »

Le 31 août, le Standard s’offrait trois nouveaux attaquants : Tchité, Nong et Leye. Mais la révélation liégeoise de l’année dans ce secteur de jeu pourrait bien se nommer Gohi Bi Cyriac. Lors des trois premiers matchs, l’Ivoirien avait montré un réel potentiel. Mais une blessure encourue contre Lokeren allait freiner la montée en puissance de celui dont l’éclosion n’était pas forcément attendue cette saison. Pourtant, malgré une lésion musculaire à la paroi abdominale qui l’a écarté des terrains du 14 août au 17 septembre, Cyriac est revenu avec les mêmes dispositions affichées en entamant la présente saison.

« Je ne peux pas dire que j’ai réellement été surpris d’être titularisé à Westerlo, souriait celui qui, au Kuipje, a ouvert son compteur buts personnel dans ce championnat. Etant donné le travail effectué en semaine, je m’attendais à commencer ce match ».

Malgré un léger mal de gorge, Cyriac s’est visiblement remarquablement entendu avec Tchité.

« Je pense qu’on peut être complémentaire, mais on ne peut pas dire que les autres attaquants ne peuvent pas l’être non plus » avance celui qui aurait pu être démotivé en assistant à l’arrivée massive d’attaquants le 31 août.

« Pourquoi ? A cet instant, j’étais blessé et je n’ai jamais douté. Aujourd’hui, cette blessure est oubliée. Et je suis en train de récolter les fruits de mon travail depuis deux ans à Liège ».

Et c’est tout bénéfice pour un Standard qui a remporté sa deuxième victoire de la saison en déplacement après le 1-4 signé au Lierse.

« Avant le match, on était plus concentrés et on sentait que tout le monde était prêt pour aller au charbon. C’est positif pour la suite, récite Gohi Bi Cyriac comme s’il avait parfaitement appris son discours entre la fin du match et son interview. Même si on s’est fait peur en fin de match car à 1-2, ce n’était plus la même rencontre ».

Finalement, malgré l’exclusion de Goreux, le Standard a tenu le coup et saluer un succès que Cyriac dédiait à son père. « Il est mort en 2003 et mes deux buts sont pour lui ».

N’est-ce qu’un début ? On peut raisonnablement le penser. En tout cas, samedi, Cyriac a marqué des points par rapport à Nong, Leye et autre Pieroni. Car un attaquant qui inscrit des buts est précieux dans une équipe. Or, c’est justement ce qui manque actuellement au Standard. En effet, sur les quinze buts marqués par les Rouches, la division offensive n’en a pris que quatre à son compte : deux pour Cyriac, un pour Tchité et un pour Pieroni. C’est peu.

au kuipje

Standard

Defour. « Même si on a dû rectifier certaines choses à la pause, on s’est battus à Westerlo. Or, tout commence avec le combat. On avait le match en main mais une nouvelle erreur de marquage a ramené la peur de perdre le bénéfice de cette victoire qui se dessinait. Maintenant, même s’il y a encore beaucoup de choses à améliorer, s’imposer à l’extérieur est bon pour la confiance. »

D’Onofrio. « On aurait pu mener 0-2 après un quart d’heure et le match aurait dû être terminé à la pause. Finalement, on s’est fait peur en perdant le fil du match avec cette carte rouge inutile de Goreux. Quand on ne parvient pas à tuer le match, on s’expose. Bolat a donc eu du travail et c’est normal. Il a fait de beaux arrêts. Sur les flancs, on a parfois été pris de vitesse et on a été trop précipités dans les relances. Maintenant, on travaille plus facilement quand on gagne de tels matchs ».

Genk

Barda. Un assist et deux buts : la montée au jeu d’Elianiv Barda à la 65e est clairement à la base du huitième succès limbourgeois. L’attaquant israélien, écarté du onze de base de Vercauteren suite à une blessure, rayonnait légitimement à l’issue du match : « Ce que je ressens est fantastique. Je suis heureux de pouvoir à nouveau apporter quelque chose à l’équipe. C’est la mort dans l’âme que je m’assois sur le banc mais je respecte et comprend pleinement la décision qu’a prise l’entraîneur. »

Vossen. Le meilleur buteur de la compétition a une nouvelle fois réussi à trouver l’ouverture : « Le ballon a certes été dévié mais mon tir était cadré, il ne peut donc s’agir d’un own-goal. Cela dit, le moment où je resterai muet tout un match finira bien par arriver, d’autant plus que les adversaires connaissent maintenant notre système et arrivent à adapter leur jeu en conséquence. »

Zulte-Waregem

Bossut. « Onze buts encaissés en trois matchs, ça commence à faire beaucoup. Et en toute objectivité, je ne pense pas y être pour quoi que ce soit. Notre défense, habituée à jouer ensemble et qui fonctionne pas mal, connaît parfois, malheureusement, des moments d’absence. Ce soir, il a suffi d’une accélération durant moins de dix minutes de la part des Genkois pour voir notre arrière-garde prendre l’eau de toute part… »

Gand

El Ghanassy. Le feu-follet gantois se ressentait encore d’une ancienne contracture : « Le coach a bien fait de ne pas prendre de risque et de me laisser sur le banc à l’entame du match. Je suis monté à vingt minutes du terme. Je me suis senti très bien et je pense avoir donner de bons ballons dont l’un aurait pu être transformé en but. J’espère être de la partie face à Lille car j’attends beaucoup de ce match. Nous sommes tous prêts et confiants. »