D'autres témoins seront entendus en fin de discussion Euthanasie: reprise du débat au Sénat

LAMENSCH,MICHELLE

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Jeudi 13 janvier 2000

D'autres témoins seront entendus en fin de discussion Euthanasie: reprise du débat au Sénat

J e suis heurté par la présentation « majorité contre opposition » que l'on fait de ce débat. En matière éthique, il n'y a pas de majorité, il faut la liberté totale de chacun. Les propositions de loi qui ont été déposées émanent d'individus respectables, mais personne ne sera lié par elles dans le parti.

Cette remarque du sénateur PRL-FDF-MCC Alain Zenner semble confirmer que les simples clivages politiques et philosophiques ne suffisent pas à traduire la diversité des opinions dans le débat qui a lieu, à huis clos, en commissions de la Justice et des Affaires sociales de la haute assemblée sur les propositions de loi «libérales-socialistes-écologistes», visant une dépénalisation partielle de l'euthanasie.

Cela paraît d'autant plus vrai que le président Ecolo des commissions, Josy Dubié, nous confiait ne pas encore avoir fait sa religion sur la question et qu'il se félicitait, mercredi soir, de la très haute tenue des interventions du président de la Volks- unie (NDLR: opposition) Patrick Vankrunkelsven sur des questions de fond .

Le PSC et le CVP souhaitaient que les commissionsentendent encore des médecins et autres gens de terrain pendant la discussion sur les propositions. Nombre d'entre eux, en effet, se sont plaints de ne pas avoir été entendus avant que les sénateurs ne rédigent leurs propositions. A une voix près, et à l'issue d'un débat très animé, les sénateurs ont toutefois décidé que ces auditions auraient lieu en fin de discussion... quitte à rouvrir celle-ci. Georges Dallemagne (PSC, médecin) le déplora, lui qui affirme avoir au moins autant de questions que de certitudes en la matière.

Les discussions ont véritablement commencé l'après-midi, avec de nombreuses interventions à l'issue desquelles, le président Dubié laissa tomber: L'affaire n'est pas terminée.. .

On a notamment évoqué les soins palliatifs. Cette question apparaît à Georges Dallemagne plus urgente à régler que celle de l'euthanasie, parce que le risque existe d'une interprétation trop large du texte déposé.

Plusieurs sénateurs ont déploré que la notion de « fin de vie » présente dans les premières propositions ait disparu du texte pris en considération, au profit de l'expression « maladie grave et mortelle ». A certains, le « colloque singulier entre patient et médecin » paraît un peu court.

M.L.