Dans la fournaise de l’hiver

FIORILLI,THIERRY; BELGA

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Lundi 11 février 2008

Météo Le 9 février le plus chaud de l’histoire belge

17,1 degrés samedi ! Et plus qu’une odeur de printemps, hier, ce lundi et demain. Profitez-en : après, ça se gâte.

Cette année, à une semaine près, le printemps tombait le même jour que la Chandeleur : samedi, à 16 h, il faisait 17,1 degrés. Soit, le 9 février le plus chaud de l’histoire de la météo belge. L’Institut royal météorologique (IRM) d’Uccle et Meteoservices ont eu beau mettre en garde contre « l’importance excessive accordée aux températures records de certaines journées », beaucoup de ceux qui étaient encore en congé de carnaval ou simplement en week-end de repos en ont profité pour bousculer leurs plans.

La côte a ainsi été prise d’assaut, les responsables d’agences immobilières, d’offices du tourisme, d’hôtels et de restaurants se frottant les mains. Enfin, est-on tenté de dire puisque « les vacances avaient commencé en mode mineur, après des prévisions de neige dans les Ardennes », comme résumait André Desmidt, directeur du bureau Toerisme Knokke-Heist. Comme dans la plupart des grandes villes, les terrasses de la digue ont fait le plein. Au point que certains restaurateurs pavoisent : au terme de cette semaine de congé, ils ont engrangé un chiffre d’affaires comparable à celui enregistré sur l’ensemble des vacances de Noël, qui durent deux fois plus longtemps.

Hier dimanche, point de record de chaleur. Selon les relevés météorologiques mis à jour toutes les heures par l’IRM, il faisait 13,5 degrés à 14 heures (à Uccle, où l’on prend la température de la Belgique). Pas assez pour battre le record du 10 février 1958 : 15,1 degrés.

Douceur, douceur…

Ce lundi, tout file toujours doux : soleil et maxima autour des 11 ou 12º à la mer et en Ardenne et 14 ou 15º dans le centre. Mardi, plus humide et plus nuageux mais encore beau : maxima flirtant avec 12º. Avis aux amateurs, parce que dès mercredi, ça se couvre et le mercure chute : 5 ou 6º jeudi et vendredi.

Mais pour autant qu’on puisse se fier aux prévisions à plus long terme, il est dit que le temps devrait ensuite revenir à la douceur. Et les températures pour la semaine prochaine seront à nouveau au-dessus des normales saisonnières. L’hiver météorologique (décembre 2007 - février 2008) devrait être plus ensoleillé que celui de l’an dernier, envisagent les experts, et plus sec que celui de 2006. Mais il n’atteindra pas les records de température de 2007. Des records qui s’étaient installés en Belgique puisque mars et surtout avril avaient été extraordinaires, en termes d’ensoleillement et de non-pluviosité. Bon, après, ça s’était sérieusement gâté. Et longtemps. Les pessimistes de nature ont donc deux jours pour le premier barbec de l’année. Mais attention : « Mieux vaut un loup dans son troupeau, qu’un mois de février beau. »

Des concentrations plus élevées de polluants

L’état de la pollution de l’air était qualifié de « globalement défavorable » pour la journée de dimanche, avec des concentrations plus élevées qu’à l’habitude qui ne sont toutefois pas comparables aux pics de pollution du mois de décembre dernier, a indiqué Celine, la Cellule interrégionale de l’environnement.

« La situation n’est pas excessivement critique mais intermédiaire », a commenté Olivier Brasseur, détaché de la Région bruxelloise à la cellule Celine.

La classique inversion thermique de la nuit, conjuguée à un vent faible, a conduit dimanche matin à des concentrations en particules fines (PM10) plus élevées que la veille de 10 à 15 microgrammes par mètre cube.

Sur l’ensemble du territoire, ces taux varient à une moyenne de 40 à 50 mg/m3, avec des dépassements locaux au-delà des 100 mg/m3.

Les plus fortes concentrations étaient enregistrées en matinée dans les régions industrielles de Jemeppe-sur-Meuse et Marchienne-au-Pont (en dépassement régulier tout au long de l’année), mais aussi à Molenbeek-St-Jean. La Région bruxelloise et l’ouest de la Belgique (Flandre-Occidentale, nord-ouest du Hainaut et ouest de la Flandre-Orientale) présentaient également des concentrations plus élevées. Le réchauffement du sol devait toutefois permettre, dans le courant de la journée, une remontée des polluants dans l’atmosphère et donc une dispersion. La situation devrait être comparable, voire un peu plus défavorable, pour les journées de lundi et mardi.

A ce stade, la situation ne nécessite donc pas la mise en œuvre des protocoles avec les Régions en cas de dépassement des seuils de pollution aux particules fines, même si ces seuils sont approchés, a ajouté Olivier Brasseur.

Celine reste toutefois particulièrement attentive aux taux de dioxyde d’azote à Bruxelles, seule Région à prendre en compte ce paramètre spécifique aux grandes villes. (b)