De Crem souhaite le retour des militaires belges au Liban

n.c.

Jeudi 23 octobre 2008

Le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) a proposé au gouvernement de mettre fin le 15 avril prochain à la mission des 335 Casques bleus belges actuellement déployés au Liban.

Dans une note au Conseil des ministres restreint, dont l’agence Belga a pu prendre connaissance, M. De Crem a suggéré de retirer fin février les troupes belges de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), de manière à terminer le retrait au 15 avril, en conservant toutefois 170 hommes sur place durant les 45 jours compris entre ces deux dates.

La Belgique « compenserait » son départ du Liban, où elle est présente depuis septembre 2006, en participant à un projet en faveur de l’hôpital de Tebnine (la localité du sud-Liban où est stationné le bataillon belge de la FINUL) et en fournissant un appui aux forces armées libanaises, ajoute cette note sur les opérations auxquelles l’armée belge devrait participer en 2009.

La Marine pourrait aussi affecter durant quatre mois une frégate à la composante navale de la FINUL durant une période de quatre mois en cas de non participation à une opération de l’Union européenne contre la piraterie au large de la Somalie.

Le cabinet de M. De Crem a précisé qu’il ne s’agissait encore que d’une proposition, qui doit être approuvée par le Conseil des ministres.

« Toute autre réaction à cette note serait prématurée », a-t-on ajouté de même source.

Le bataillon belge de la FINUL, qui associe aussi des militaires luxembourgeois, est stationné depuis deux ans à Tebnine, une petite ville du Sud-Liban située à une douzaine de kilomètres de la frontière israélienne.

Il a trois tâches principales : le déminage, le soutien médical, avec un hôpital de campagne doté d’une capacité chirurgicale, et la reconstruction. Il dispose aussi de quelque 90 fantassins chargés de la protection – une leçon de la mort de dix Casques bleus le 7 avril 1994 au Rwanda.

Cette mission, entamée en septembre 2006, a coûté la vie à quatre militaires belges : trois dans la chute de leur blindé « Pandur » dans un ravin, le 7 mars 2007, et un démineur, tué par l’explosion d’une sous-munition le 3 septembre dernier.

La FINUL, créée en 1978 après l’invasion du Liban sud par les troupes israéliennes, a vu ses effectifs considérablement renforcés après le conflit qui a opposé, du 12 juillet au 14 août 2006, le parti chiite libanais du Hezbollah à Israël, faisant 1.100 morts du côté libanais.

Les Affaires étrangères s’étaient déjà opposées en début d’année – avec succès – à une précédente tentative de M. de Crem de retirer les troupes belges du Liban, en arguant du fait que la décision de renforcer la FINUL en 2006 avait été prise par l’Union européenne dans son ensemble.

Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open VLD), souhaitait alors que la Belgique reste engagée de manière substantielle au Liban après la désignation d’un diplomate belge, Johan Verbeke, comme coordinateur de l’ONU dans ce pays – qu’il a entre-temps quitté pour la Géorgie.

Dans sa note, M. De Crem propose par ailleurs au gouvernement de prolonger jusque fin août 2009, au lieu de février comme prévu jusqu’à présent, la mission de quatre F-16 belges et d’une centaine de militaires à Kandahar (sud de l’Afghanistan), la protection de l’aéroport de Kaboul et la participation d’une vingtaine d’hommes à équipe provinciale de reconstruction (« Provincial Reconstruction Team », PRT) dirigée par l’Allemagne à Kunduz, dans le nord de l’Afghanistan.

Le ministre suggère aussi de poursuivre jusqu’au 15 mars, date de la fin du mandat, la participation belge de 70 militaires à la force européenne au Tchad et en République centrafricaine, l’EUFOR Tchad-RCA, et de maintenir une compagnie renforcée (200 hommes) au Kosovo dans le cadre de la force de paix dirigée par l’OTAN (KFOR).

Une frégate belge pourrait également participer durant quatre mois à une opération de l’UE contre la piraterie au large de la Somalie, indique la note de M. De Crem.

(belga)