De la neige pour Saint-Joseph

AFP; LAMQUIN,VERONIQUE

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Samedi 17 mars 2007

Météo L'offensive hivernale est attendue pour lundi

La nature résistera-t-elle au brusque retour du froid ? Il n'y a a priori pas lieu de s'alarmer.

Les pommes de terre, c'est à la Saint-Joseph qu'il faut les planter. Dixit le dicton... que l'on ne saurait trop vous conseiller d'ignorer pour la cuvée 2007. C'est que le 19 mars (la Saint-Joseph donc), le sol devrait être gelé voire couvert de neige. Ceux qui croyaient que le printemps s'était installé pour longtemps peuvent donc se rhabiller... Dès ce lundi, le mercure retrouve ses profondeurs hivernales. « Les minima descendront jusqu'à moins trois degrés mardi, confirme-t-on à l'Institut royal météorologique. Et, dès dimanche, la neige fera son apparition dans toutes les régions du pays. » Un net refroidissement que l'IRM ne juge pas exceptionnel. « Ce qui l'est, chez nous, c'est une période prolongée de temps stable. Par contre, la norme, ce sont les variations brusques de climat. »

Si l'esprit humain s'accommodera de ces explications, qu'en pensera Dame Nature ? Tourneboulée par l'exceptionnelle clémence des cieux (lire ci-contre), elle était sortie de sa torpeur. Les abeilles, libellules, papillons et chauves-souris surpris en pleine activité seront-ils autant de victimes du brusque retour hivernal ? « Il n'y a pas lieu de s'alarmer, tempère Roland de Schaetzen, directeur chez Natagora. Même si, c'est vrai, le changement de climat aura des conséquences. » Et de songer en particulier aux oiseaux dont certains ont déjà niché ou même eu des jeunes. « Les merles, notamment. Là, la probabilité est grande que les nichées soient perdues. Mais on ne parle pas de milliers d'oisillons. »

Quant aux migrateurs, même si certains d'entre eux, comme les hirondelles, avaient entamé leur transhumance, ils devraient survivre. Plus grave est le risque pour les papillons et les insectes, fort peu adaptés au gel. « Si les températures sont inférieures à zéro pendant plusieurs jours, ils ne résisteront pas », souligne-t-on encore chez Natagora.

Magnolias menacés

La flore ne devrait pas non plus être épargnée. Mais là aussi, la nature est plus résistante qu'on ne croit. « Les fleurs qui sont écloses un peu partout, comme les crocus ou les jonquilles, peuvent tout à fait résister au retour de l'hiver », souligne-t-on à la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux. En revanche, les arbres en fleurs tels les magnolias pourraient perdre leur éclat.

Quant aux conséquences pour les productions agricoles et maraîchères, elles dépendront de la durée et de l'ampleur du retour de l'hiver. « Mais le risque est grand que le gel perturbe la végétation en pleine croissance printanière », conclut-on à Gembloux où l'on suivra de près le mercure dans les prochains jours.

L'hiver le plus doux de l'histoire

La plongée des températures annoncée sur toute l'Europe en ce début de semaine n'y changera plus rien, le record est établi : l'hiver qui s'achève est le plus doux de l'histoire météorologique. Du moins de celle de ces cent dernières années, puisqu'on ne dispose de relevés météorologiques fiables que depuis un siècle.

Cette douceur inhabituelle n'a pas été sans conséquence. Certaines cultures sont ainsi particulièrement en avance. Ainsi, aux Pays-Bas, les récoltes de blé d'hiver ont près d'un mois d'avance et les pucerons sont déjà en train de proliférer. La faune est également perturbée en de nombreux endroits. Enfin, la sécheresse menace certains pays, comme l'Espagne et l'Italie. (afp)