Rapport positif pour les gens du voyage

GUTIERREZ,RICARDO

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Mardi 3 août 2010

Dour Séjour prolongé en vue pour les nomades de la communauté évangélique Vie et Lumière

La tension retombe à Dour… La communauté de gens du voyage qui s’est installée, sans autorisation préalable, sur des terrains privés, recevra vraisemblablement, mercredi, l’autorisation de prolonger son séjour jusqu’au dimanche 8 août.

« Je sors précisément du campement, où tout se déroule pour le mieux, commente le bourgmestre de Dour, Carlo Di Antonio (CDH). Comme convenu, nous tiendrons une réunion d’évaluation, mercredi matin, mais il est vraisemblable que notre rapport soit positif et que la communauté soit donc autorisée à prolonger son séjour jusqu’à dimanche ».

Le groupe avait commencé à se rassembler mi-juillet, en vue de participer à une convention du mouvement protestant évangélique Vie et Lumière, dès le 21 août, à Chaumont, dans l’est de la France. Après Gembloux, les 200 caravanes ont fait arrêt dans un champ de 7 hectares, à Dour, le 27 juillet.

Menacée d’expulsion, la communauté a finalement passé un accord avec les autorités douroises… « Le propriétaire du terrain a été indemnisé et les occupants ont acheté pour plus de 1.000 euros de sacs poubelles payants. Ils respectent les règles. Et rendent même de menus services à la population qui s’adresse spontanément à eux pour faire effectuer de petits travaux », précise Carlo Di Antonio.

« Je vous avoue que nous avons été heurtés par l’accueil initial, réagit “Doulebem” Van Brabant, pasteur du groupe. On nous a fait passer pour des sauvages. Mais les autorités ont su aller au-delà des idées reçues. Dimanche, nous reprendrons la route avec la satisfaction d’avoir laissé le témoignage d’une communauté responsable ».

Aux yeux d’Ahmed Ahkim, directeur du Centre wallon de médiation des gens du voyage, le dossier est exemplatif… « Il prouve qu’il faut changer de culture : les communes, plutôt prédisposées à expulser, devraient être obligées par décret à organiser le séjour temporaire de ces groupes. L’idéal n’est pas tant de mettre en permanence à disposition un terrain d’accueil, mais d’être prêt à négocier un compromis prévoyant un lieu acceptable par les deux parties, un délai – généralement un séjour de maximum deux ou trois semaines –, et des modalités logistiques, comme l’accès à un point d’eau potable et la gestion des déchets ». Missions accomplies, à Dour.

Cérémonie à Auschwitz

Des responsables d’associations roms ont dénoncé, lundi, l’intolérance, dont souffrent les Roms en Europe, lors d’une cérémonie du souvenir sur le site d’Auschwitz- Birkenau, le camp de la mort installé par l’Allemagne nazie dans le sud de la Pologne. (afp)

De quoi vivent-ils ? « C’est la question classique que se pose la population sédentaire confrontée

De quoi vivent-ils ?

« C’est la question classique que se pose la population sédentaire confrontée à l’installation d’un campement, commente Ahmed Ahkim, directeur du Centre wallon de médiation des gens du voyage… Une question qui nourrit bien des fantasmes. »

« Ce sont généralement des indépendants qui exercent des petits métiers ambulants : l’élagage, le “démoussage“ des toitures, l’aiguisage des outils de coupe, précise Carlo Di Antonio (CDH), bourgmestre de Dour. Après la phase de tension, dans la foulée de leur installation, nombre de concitoyens ont fait appel à leurs services. »

Des activités pour lesquelles ils sont administrativement parfaitement en ordre, constate le maïeur : « Ils disposent des permis de travail et de toutes les autorisations nécessaires. »

Ils payent leurs impôts en tant qu’indépendants, en fonction de la commune où ils ont établi leur adresse de référence, comme la loi les y oblige. Généralement chez un proche sédentaire, plus rarement au siège d’une association ou d’un CPAS.