Débat tendu sur le service d’incendie

SCHARES,LUC

Page 10

Mercredi 16 avril 2008

Province La perspective d’un corps de pompiers unique fait grogner

Les négociations doivent encore se poursuivre. La réunion de lundi soir, à laquelle les bourgmestres des trente-huit communes de la province avaient été conviés par le gouverneur Denis Mathen, n’a pas débouché sur un accord. Loin s’en faut. La réforme des services régionaux d’incendie risque bien de faire parler d’elle durant un certain temps.

Rappelons que le sujet est sensible. Une loi a été votée, au niveau fédéral, pour réformer la gestion administrative des corps des pompiers. Il est question de créer un grand corps qui couvrirait l’espace provincial. Et au passage, de passer à des corps de professionnels, alors que les services qui fonctionnent essentiellement avec des volontaires sont encore nombreux. L’idée est aussi de mutualiser les coûts. Or, à ce titre, tous les citoyens ne sont pas égaux. Le coût par habitant peut varier du simple au quadruple suivant l’entité habitée.

Pas étonnant, dès lors, que nombre de communes se montrent très mal disposées à accepter une réforme. Des bourgmestres du nord plaident pour la création d’une zone qui regrouperait les services d’incendies actuels de Namur, Andenne, Eghezée et Gembloux, avec, donc, les autres communes rurales qui en dépendent. Grosso modo, cela représente tout l’arrondissement de Namur à l’exception de Jemeppe et Sambreville, où se trouvent des usines de type Seveso (Solvay).

Le fait est que tous les maïeurs ne sont pas sur la même longueur d’ondes. Par exemple, Richard Fournaux (Dinant, MR) ou Jean-Claude Maene (Beauraing, PS) sont favorables à une fusion. Beaucoup d’autres sont dans l’expectative.

Du côté andennais, Claude Eerdekens (PS), fervent opposant, juge que « cette réforme serait catastrophique sur le plan financier. On ne pourrait l’accepter que si l’Etat prend en charge les surcoûts. Or, nous n’avons aucune garantie à ce sujet. On pourrait imaginer un pot commun dans lequel chaque commune verserait le même montant qu’elle consacre actuellement aux services d’incendie. Et, pour l’essentiel, le niveau fédéral devra payer le reste. »