Dégagez ces trottoirs encombrés !

JORIS,NOELLE

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Jeudi 7 juillet 2011

Mobilité Rendre les rues de Namur accessibles aux personnes à mobilité réduite

Une poubelle, une voiture, une terrasse. Les obstacles sur les trottoirs pour les personnes à mobilité réduite (PMR) sont fréquents et nombreux. Mercredi après-midi, une dizaine de membres du collectif accessibilité de Namur ont fait la démonstration du parcours du combattant qu’ils doivent souvent mener, lorsqu’ils s’aventurent dans les rues de Namur. « Je circule dans Namur tous les jours. Et tous les jours, je suis obligé de faire des détours, ou de demander de l’aide, parce que le trottoir sur lequel je veux circuler est encombré ou difficilement accessible », explique Samuel, se déplaçant en chaise roulante.

Mercredi, muni de tract, il sensibilisait les passants et les commerçants. « Souvent les gens n’agissent pas par mauvaise foi. Mais ils ne se rendent pas compte que leur attitude peut être gênante pour de personnes ayant des difficultés à se déplacer. Cela peut aussi bien concerner les personnes malvoyantes ou en chaise roulante, que les mamans avec une poussette », explique Dominique Finken, du collectif accessibilité de Namur.

Ce dernier rassemble diverses associations et institutions de la région namuroise (Gamah, Altéo, Centre d’accueil de Bouge, Ligue des familles, etc.). « Depuis plus de dix ans, on travaille en étroite collaboration avec la Ville de Namur. Et ces dernières années, de nombreuses améliorations en termes d’accessibilité ont été réalisées. Je pense par exemple à l’aménagement de la gare ou de la Maison des citoyens », se réjouit Dominique Finken.

Mais des points noirs existent encore. Exemple ? Le nouveau jardin communal des petits fruits à Wépion inauguré il y a quelques semaines, est constitué de sentiers en graviers. « Totalement inaccessibles pour les PMR », dénonce le collectif.

Les quatre obstacles les plus fréquents pour les personnes à mobilité réduite

Les véhicules mal stationnés

Il arrive fréquemment que des véhicules (voiture, moto, vélo, camion) soient stationnés sur les trottoirs. Une personne n’éprouvant pas de difficulté à se déplacer peut facilement les contourner. Pour une personne à mobilité réduite, cela n’est pas toujours possible. Ses seuls choix ? Demander de l’aide aux passants pour descendre du trottoir ou attendre que le propriétaire du véhicule vienne le déplacer.

Les terrasses envahissantes

Les terrasses envahissantes

Les terrasses des cafés et des restaurants réduisent le passage sur le trottoir. Parfois, il devient tellement étroit que les personnes en chaise roulante ne peuvent plus y circuler. Il existe un règlement communal qui stipule que la distance minimale entre la terrasse d’un établissement et la voie carrossable doit être d’un mètre au minimum. Malgré les contrôles de la police, la règle n’est pas toujours respectée.

Les poubelles oubliées

Les poubelles oubliées

Autres obstacles fréquemment rencontrés par les personnes à mobilité réduite : les poubelles. Qu’elles soient en sacs ou en containers. Correctement rangées et déposées contre les bâtiments, elles ne dérangent pas. Mais éparpillées sur les trottoirs, elles transforment le site en piste de slalom. Impossible à franchir pour les personnes en chaise roulante et très dangereuse pour les malvoyants.

Les panneaux publicitaires

Les panneaux publicitaires

Légitimement les commerçants veulent attirer les clients en plaçant des panneaux publicitaires devant leur commerce ou restaurant. Mais parfois, ils les installent aussi au milieu du trottoir. Ce qui est interdit par le règlement de police de Namur. « Toute utilisation privative de la voie publique de nature à porter atteinte à la sûreté, à la salubrité ou à la commodité de passage est interdite », stipule-t-il.