Demelenne appelle à la mobilisation

n.c.

Dimanche 1er mai 2011

La secrétaire générale de la FGTB appelle à la mobilisation sur fond de « constats amers ».

Alors que « le rouleau compresseur du libéralisme est bien présent et en parfait état de marche au niveau européen, nous allons à nouveau devoir nous mobiliser dans les semaines qui viennent », a averti Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB, présente dimanche midi à Namur à l’occasion des festivités du 1er mai. « Aujourd’hui, les constats sont amers pour les travailleurs », a-t-elle lancé à une assistance attentive, composée de nombreux militants du syndicat socialiste mais aussi de représentants du PS et d’Ecolo, dont la présidente du Parlement wallon, Emily Hoyos.

« Depuis 2008, les travailleurs doivent se serrer la ceinture parce que le monde de la finance a fait tout et n’importe quoi et continue comme si rien ne s’était passé. Ce ne sont pas nos salaires qu’il faut contrôler, mais les banquiers », a-t-elle poursuivi sous les applaudissements de la salle. Et d’enchaîner sur la situation politique de la Belgique. « Ne me faites pas dire qu’un gouvernement fédéral résoudrait tous nos problèmes. Mais en juin 2010, le vote majoritaire, en Wallonie, était un vote de centre-gauche, ce qui signifie que les travailleurs sont en droit d’attendre des solutions qui vont dans le sens du progrès social, pas de l’austérité », a encore souligné Anne Demelenne en assurant par ailleurs que « d’autres choix sont possibles ».

Forte de cette conviction, la secrétaire générale du syndicat socialiste a plaidé, entre autres, pour un contrôle public des agences de notation, pour la création de banques publiques « réellement au service des citoyens » ou encore pour l’intensification de la lutte contre la fraude fiscale. « Mais pour tout ça, il faut un gouvernement au niveau fédéral », a-t-elle affirmé.

Un gouvernement fédéral permettrait en effet « de diminuer l’intérêt de la dette publique d’1 %, ce qui représente 0,2 % du PIB ou 700 millions d’euros. Ce montant pourrait permettre une augmentation de 100 euros net par mois pour un million de pensionnés », a poursuivi Anne Demelenne qui s’inquiète également de la hausse des prix énergétiques.

Dans ce contexte, il est d’autant plus important de maintenir l’indexation automatique des salaires et de combattre l’inflation, a-t-elle martelé en mettant en garde : « si vous touchez à nos salaires, à notre index, à nos allocations sociales, à nos services publics, à nos prépensions, à nos pensions, la FGTB se mobilisera ! ».

De mobilisation, il en est également contre « l’orthodoxie budgétaire voulue par la droite européenne ». « Nous avons marqué des points mais c’est loin d’être fini. Le rouleau compresseur libéral est bien présent, comme en témoigne un premier vote en commission des affaires économiques du Parlement européen, le 19 avril dernier, sur des mesures anti-sociales », a encore expliqué Anne Demelenne. « Tout comme nous l’avons fait pour la directive Bolkestein et la directive sur le temps de travail, nous devons nous mobiliser à nouveau pour faire reculer le Parlement européen. C’est en juin que cela va se jouer », a-t-elle précisé en réaffirmant enfin la volonté de la FGTB de « continuer, envers et contre tout, à défendre l’intérêt des travailleurs et des allocataires sociaux ».

(belga)