Dernière rentrée avant fusion

PETIT,JEAN-PHILIPPE

Page 14

Mardi 30 septembre 2008

Gembloux L’intégration de la faculté à l’ULg est prévue pour 2009

À la veille de son 150e anniversaire, la Faculté des sciences agronomiques s’apprête à rejoindre l’Université de Liège.

C’est la dernière fois que la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux fait sa rentrée toute seule. L’an prochain, l’intégration à l’Université de Liège (ULg) sera effective. Le recteur actuel aura cédé la place à un vice-recteur qui sera désigné par le personnel académique de Gembloux, en mai 2009.

Ce sera une des particularités de la « huitième faculté de l’ULg » qui a obtenu de conserver une assez large autonomie au sein de l’institution qui l’intègre. Ce sera, évidemment, le sujet du jour, cet après-midi, lors de cette rentrée 2008.

Le dernier recteur de la faculté, André Théwis, peine encore à prononcer le mot fusion. Il lui préfère, donc, intégration. L’opération a été imposée à Gembloux, rappelle-t-il. « Il y a eu une menace financière et une pression politique. Et tout cela s’est déroulé sans trop de concertation. » Mais André Théwis doit bien l’admettre, au final, il devrait y avoir pas mal d’avantages pour les deux institutions et pour les étudiants gembloutois, en particulier.

Apports de la fusion. « Elle va permettre de favoriser ce qu’on appelle le croisement des savoirs, estime André Théwis. C’est important aujourd’hui pour les bio-ingénieurs de travailler avec des médecins, des juristes, des sociologues. L’intégration permettra aussi l’acquisition d’équipements spécialisés, qu’on n’aurait pas pu réaliser seul. » Pour sa part la faculté de Gembloux place deux gros atouts dans la corbeille de l’ULg : « Il y a d’abord notre ouverture internationale et en particulier vers les pays du sud, poursuit le recteur. Et puis, il y a notre expertise, nos compétences qui sont le fruit de près de 150 ans d’agronomie – nous fêtons notre 150e anniversaire l’an prochain. C’est très important, l’agronomie est un champ d’application extraordinaire pour les sciences plus fondamentales. La biologie essentiellement. »

La fusion, en pratique. Sur le plan administratif, elle sera effective dès janvier 2009. Elle le sera pour les étudiants, à la rentrée 2009. D’ici là, une nouvelle structure « Gembloux Agro-Bio Tech » sera créée. Elle regroupera la « Faculté des sciences agronomiques et d’ingénierie biologique de Gembloux », chargée de la formation et de l’enseignement, et un « Centre universitaire de recherche ». Cela pour mieux coller à la nouvelle structure de l’ULg. Mais les deux activités – enseignement et recherche – resteront intimement liées et localisées à Gembloux. D’ailleurs, la fusion n’aura pas de conséquences sociales. Au niveau de la Communauté française, pouvoir organisateur de la Faculté, on parle de rationalisation sur le plan de l’administration. Mais, donc, pour l’essentiel, rien ne changera pour les étudiants. Même la mention Faculté de Gembloux sera maintenue sur les diplômes après la fusion.

Inscriptions en baisse

Les inscriptions à la Faculté sont en baisse par rapport à 2007, qui avait été une bonne année. Mais elles ne sont pas encore clôturées et il faut tenir compte d’un phénomène nouveau : des étudiants venus d’autres filières rejoignent la faculté en 2e ou 3e baccalauréat. (J.-P.P.)

Une faculté en recherche de qualité

A priori, une université incarne l’excellence en matière d’enseignement. Mais tout est perfectible en ce bas monde. C’est pourquoi la Faculté de Gembloux va s’inscrire dans une démarche de mise en conformité de son fonctionnement aux normes ISO. En d’autres termes, la quête de la qualité va devenir une obsession, tant du côté de l’enseignement que la recherche.

Jusqu’ici en Belgique seule la faculté de Warocqué à Mons a tenté l’aventure.

La certification n’est pas un but en soi, mais ce sera un plus dans le contexte concurrentiel que connaissent les universités en Europe aujourd’hui. « A travers l’ISO nous allons muscler notre titre de bio ingénieur », prédit le professeur Lepoivre.

Cette rentrée sera d’ailleurs marquée par un premier pas vers le respect de la norme : l’enseignement des langues et en particulier de l’anglais sera renforcé à la Faculté. De l’entrée en première bachelier au travail de fin d’étude, la pratique de la langue de Shakespeare sera constante pour les futurs ingénieurs.