Des alliances MR-PS ? Par hypothèse

COPPI,DAVID

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Samedi 17 septembre 2011

Analyse

Les négociations au fédéral sont loin d’avoir abouti, et les partis à la table ne sont sûrs de rien à ce stade, mais, en souscrivant au compromis sur BHV, avec les risques et périls que l’on sait pour son MR-FDF, Charles Michel a pris une option stratégique forte : la participation. Au gouvernement fédéral. Mais pas seulement.

Car en s’engageant comme il le fait auprès du formateur, Elio Di Rupo, le nouveau président libéral-réformateur veut tirer son parti de l’isolement graduellement : rétablissement du dialogue avec les partenaires francophones – très réduit ces dernières années – dans un premier temps, réintégration du MR dans les majorités régionales et communautaire au sud du pays dans un second temps. C’est le but.

Le MR vise Namur et Bruxelles

La route est incertaine, et l’« anticipation » en politique est devenue une gageure (tout change tout le temps, comme le web). Mais enfin, quand on est président de parti, il faut bien tenter de se projeter dans le futur ; c’est l’abc. Donc : le MR vise Namur et Bruxelles. Et : le scénario d’une alliance future avec le PS est dans les conversations. Précisons, attention : il n’y a pas le début d’un gramme d’information recueillie à bonne source, comme on dit, qui accrédite ce qui demeure donc une pure l’hypothèse. Rien qui puisse laisser accroire que quelqu’un a promis quelque chose à quelqu’un, qu’un pacte d’aucune sorte ait été conclu quelque part en coulisse, mais voilà : cette hypothèse est répandue tant du côté socialiste que libéral. On en parle. C’est tout. Ce n’est pas rien.

Un responsable libéral-réformateur : « On veut entrer dans un maximum de majorités communales à la fin 2012, et on vise les majorités régionales pour les élections de 2014 ». Un interlocuteur socialiste : « Un certain nombre d’entre nous se disent que la Wallonie, pour des raisons d’efficacité, pour assumer une période à la fois de redressement mais aussi très difficile, aura besoin d’une grande coalition PS-MR ». La plupart n’imaginent pas un changement d’alliance dans les Régions en cours de législature, avant le scrutin de 2014 – via une motion de méfiance constructive au parlement. Trop déstabilisateur. Et l’« Olivier » (PS-CDH-Ecolo) reste la règle d’or. Les équipes en place sont appelées à aller au terme de leur mandat. Rien, donc, a priori, avant 2014.

Sinon que certains nuancent : « Notez, peut-être à Bruxelles pourrait-on assister à un changement d’alliances après les communales 2012 : si Charles Picqué devait quitter la ministre-présidence, cela pourrait entraîner une nouvelle séquence politique. » Et poursuivent : « En fait, la composition de la coalition au fédéral – pour autant que l’on arrive à un accord, évidemment – va compter : avec ou sans les verts ?… » A savoir : si les verts devaient être relégués (ou/et choisir) l’opposition, et se montrer très revendicatifs lorsqu’un gouvernement Di Rupo Ier aurait à faire face à la contestation sociale, dans ce cas, certains au PS pourraient estimer qu’il n’y a plus lieu de rester solidaires à l’échelon régional, ce qui ouvrirait une porte au MR. « Mais ce n’est que supposition. » C’est entendu.

2004 : Di Rupo et (Louis) Michel rompent

2004 : Di Rupo et (Louis) Michel rompent

Malgré un pacte secret (devant notaire !), les deux rompent en 2004 ; Elio Di Rupo change les majorités à Namur et à Bruxelles : exit le MR, par ici le CDH.

2011 : Di Rupo et (Charles) Michel recollent

2011 : Di Rupo et (Charles) Michel recollent

A la faveur des négociations fédérales, Charles Michel se repositionne. Son but : briser l’isolement où était tenu son parti.